Une étude de la DREES éclaire une réalité peu visible du quotidien des proches aidants : le besoin de pouvoir souffler dans l'aide apportée à un proche, et la difficulté fréquente à y parvenir concrètement. Cet article détaille ce que montre cette étude sur le répit des aidants à la vie quotidienne, et ce que cela signifie pour anticiper l'accompagnement d'un proche en perte d'autonomie.
Les faits
La DREES a publié une étude consacrée aux proches aidants : selon la DREES, elle porte sur les 5,9 millions de proches aidants qui apportent une aide à la vie quotidienne de leur proche vivant en logement ordinaire.
La DREES constate que, parmi ces aidants, le besoin de répit est exprimé par 36 % des proches aidants, soit, 2,1 millions d’entre eux. La DREES précise : Le besoin de répit augmente significativement avec l’intensité de l’aide apportée. Selon la DREES, « Environ un quart des personnes effectuant au maximum trois tâches d’aide différentes souhaitent des moments de pause contre plus de deux tiers de celles qui réalisent plus de huit tâches ».
La DREES relève par ailleurs que certains types d'aide pèsent plus que d'autres sur ce besoin : les aides aux soins personnels et à la mobilité, selon la DREES, sont plus souvent associées à un besoin de répit que les aides aux tâches domestiques et organisationnelles. Cette étude de la DREES s'appuie sur L’enquête Autonomie-Ménages 2022 - volet Aidants.
Mise en perspective
Le besoin de répit n'est pas vécu de la même manière par tous les aidants. La DREES observe un net écart entre femmes et hommes : 41 % des femmes proches aidantes déclarent un besoin de répit contre 30 % des hommes. La DREES ajoute que, parmi les femmes concernées, elles sont également plus nombreuses à souhaiter des moments de pause plus longs ou plus réguliers que ceux dont elles disposent déjà : 39 % contre 29 % des hommes.
La DREES identifie également : Les parents aidants d’enfants en situation de handicap constituent un autre profil d’aidants qui déclarent un besoin de répit élevé : 51 % signalent en avoir besoin. La DREES souligne également que 80 % des parents aidants cohabitent avec l’enfant aidé, une situation susceptible de limiter les possibilités de répit.
Mais exprimer un besoin de répit ne garantit pas d'y accéder dans de bonnes conditions. Selon cette étude de la DREES, parmi ceux qui expriment un besoin de répit, 49 % ne parviennent pas à en bénéficier dans des conditions jugées satisfaisantes. Le détail donné par la DREES est le suivant : 35 % prennent des moments de pause mais jugés insuffisants et 14 % n’en prennent aucun.
Ces écarts rejoignent un constat plus large de la DREES sur l'intensité de l'aide : la DREES montre que les aidants les plus fortement mobilisés expriment plus souvent un besoin de répit et qu’une implication importante dans l’aide peut également être associée à une moins bonne santé, notamment mentale.
Pour le secteur de la prévoyance et de l'accompagnement de la dépendance, ces constats de la DREES pointent vers un besoin qui dépasse le seul financement des soins apportés à la personne aidée : il s'agit aussi de soutenir la capacité de l'aidant lui-même à tenir dans la durée, sans quoi sa propre santé peut se dégrader, avec des conséquences qui retentissent ensuite sur l'ensemble de la famille.
Ce que ça change pour vous
Quand les aidants parviennent malgré tout à prendre du répit, cela passe rarement par des solutions organisées : la DREES constate que les moments où la personne aidée peut rester seule (52 %) ou l’intervention de l’entourage ou de professionnels à domicile (47 %) restent les arrangements les plus fréquents. La DREES précise : Le recours à des solutions hors du domicile, dans des lieux dédiés comme l’accueil en établissement, est minoritaire (21 %).
Ces résultats montrent que, pour beaucoup de familles, le répit repose avant tout sur des arrangements informels et peu structurés — ce qui peut fragiliser l'aidant sur la durée, en particulier lorsque l'aide est intense. Pour anticiper ce type de situation, il est utile de recenser en amont les solutions de répit mobilisables localement : accueil de jour, hébergement temporaire, relayage à domicile ou plateformes de soutien aux aidants.
Repérer à l'avance les ressources existantes — associations de proches aidants, dispositifs territoriaux d'accompagnement, structures de répit conventionnées — permet souvent de limiter l'épuisement observé chez les aidants les plus mobilisés. Ce travail de repérage est d'autant plus utile que l'offre de solutions de répit varie fortement d'un territoire à l'autre, et que sa disponibilité réelle n'est pas toujours connue au moment où le besoin devient pressant.
Il peut aussi être pertinent de vérifier, avant qu'une situation d'urgence ne survienne, ce que couvrent déjà vos contrats de prévoyance ou d'assurance dépendance en matière de solutions de répit ou d'aide à domicile, et de vous renseigner sur les aides existantes auprès des organismes compétents. Faire le point avec votre conseiller permet souvent d'identifier des garanties méconnues ou des compléments utiles pour sécuriser l'accompagnement d'un proche en perte d'autonomie.
Perspectives
Pour aller plus loin sur les droits liés à l'accompagnement d'un proche, consultez notre article sur les droits du proche aidant, entre congé et prévoyance. Sur le volet de la dépendance, retrouvez notre analyse de la réforme de l'APA et de l'assurance dépendance.
Les acteurs de la protection sociale se mobilisent eux aussi sur ces enjeux : voir notamment notre article sur l'engagement social de Malakoff Humanis. Pour une vue d'ensemble des solutions de prévoyance et d'assurance vie utiles aux aidants et à leurs proches, consultez notre rubrique assurance vie et prévoyance.
Au-delà des dispositifs individuels, la question du répit des aidants s'inscrit dans un enjeu plus large de soutenabilité de l'aide informelle en France, à mesure que la population vieillit et que le nombre de personnes en perte d'autonomie progresse. Assureurs, pouvoirs publics et associations sont appelés à mieux coordonner leurs réponses pour qu'un besoin de répit identifié trouve une réponse concrète plutôt que de reposer uniquement sur l'entourage.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le besoin de répit, tel que mesuré par la DREES ?
Selon la DREES, le besoin de répit, désigné comme un temps permettant aux aidants de faire une pause dans l’aide apportée, est un indicateur que la DREES relie à l'intensité de l'aide : la DREES précise : Le besoin de répit augmente significativement avec l’intensité de l’aide apportée.
Combien de proches aidants expriment un besoin de répit, selon la DREES ?
La DREES indique que ce besoin est exprimé par 36 % des proches aidants, soit, 2,1 millions d’entre eux, sur un total de 5,9 millions de proches aidants qui apportent une aide à la vie quotidienne de leur proche vivant en logement ordinaire.
Les aidants qui souhaitent du répit parviennent-ils tous à en bénéficier ?
Non : la DREES constate que, parmi ceux qui expriment un besoin de répit, 49 % ne parviennent pas à en bénéficier dans des conditions jugées satisfaisantes, dont 35 % prennent des moments de pause mais jugés insuffisants et 14 % n’en prennent aucun.