Après les incendies de l’été, l’ACPR indique avoir mis en œuvre un suivi rapproché des principaux organismes français d’assurance concernés. Pour les assurés sinistrés, particuliers comme professionnels, ce communiqué est l’occasion de relire leurs garanties et de suivre leur dossier de près.
Les faits
Selon le communiqué de l’ACPR, face aux incendies survenus cet été dans plusieurs régions françaises, les services de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont mis en œuvre un suivi rapproché des principaux organismes français d’assurance concernés. L’objectif est d’évaluer les conséquences de ces événements en termes de sinistralité et de gestion des opérations, mais aussi de mener un suivi sur le moyen terme des difficultés qui pourraient être rencontrées.
Sur le plan opérationnel, l’ACPR relève qu’à très court terme, les dispositifs de gestion opérationnelle ont été ajustés. Elle précise que les principaux acteurs du secteur ont activé des dispositifs de gestion dédiés, dès les premiers jours suivant les incendies, reposant sur une réallocation de leurs ressources, une centralisation et une priorisation accrues. Ces dispositifs devaient répondre, selon le communiqué, à plusieurs dizaines de milliers de demandes d’assistance simultanées (relogement d’urgence et/ou coûts associés, souvent au titre des contrats habitation) et initier le traitement des dossiers de sinistres les plus graves.
L’ACPR mentionne aussi des campagnes de contact : « Plusieurs assureurs indiquent avoir engagé des campagnes de contact proactif auprès de leurs assurés ». Elle ajoute que tous les organismes ont assuré la continuité d’activité, même ceux confrontés localement à la fermeture de certains sites, en recourant notamment au télétravail.
Le communiqué précise que les délais de déclaration des sinistres ont été prolongés jusqu’au 31 août par tous les organismes, avec un remboursement des frais de relogement de ceux évacués de leur résidence principale, allant jusqu’à 3 semaines. Sur un sujet voisin : les mesures de prolongation des délais de déclaration des sinistres.
Le communiqué évoque ensuite les sinistres de dommages aux biens et de pertes d’exploitation : « Moindres en nombre mais pour des montants potentiellement significatifs, les sinistres de dommages aux biens (particuliers ou professionnels) et/ou de pertes d’exploitation présentent toutefois plusieurs défis en termes de gestion opérationnelle ». L’ACPR ajoute que, si les assureurs interrogés font état de délais moyens d’intervention pour la réalisation de la première expertise de l’ordre de dix jours après l’ouverture du dossier, la gestion complète de ces dossiers – notamment des plus complexes – va s’échelonner sur plusieurs semaines voire mois.
Parmi les mesures d’accompagnement que l’ACPR relève figurent le recours à l’expertise à distance et/ou l’indemnisation sur justificatifs (en-deçà de certains seuils), afin d’accélérer le traitement d’une partie des dossiers, des actions de suivi personnalisé, pour les sinistres les plus importants, y compris via une présence renforcée de leurs équipes sur le terrain et le versement accéléré d’acomptes sur indemnisation, avant la remise des rapports définitifs d’expertise.
Mise en perspective
L’ACPR écrit : « À ce stade, encore très précoce, les assureurs interrogés rapportent un nombre limité de réclamations. » Selon elle, deux points d’attention sont dès à présent susceptibles d’émerger. Le premier porte sur les modalités d’application de certaines clauses contractuelles (ex. seuils et conditions de prise en charge, notamment pour les garanties pertes d’exploitation). Selon elle, ce point souligne de nouveau toute l’importance de l’information des assurés sur les garanties souscrites, non seulement à la souscription, mais tout au long de la vie du contrat et en particulier en cas de sinistre.
Le second point d’attention susceptible d’émerger concerne la capacité du secteur du bâtiment à répondre rapidement à l’afflux de demandes concomitantes de travaux après les incendies ; certains assureurs signalent en effet des tensions susceptibles d’allonger les délais d’établissement des devis et de remise en état des biens.
Sur l’ampleur financière, l’ACPR évoque la charge de sinistres découlant de ces incendies, évaluée de façon préliminaire à 500 millions par France Assureurs (à comparer à une charge de sinistres brute totale de 136 milliards d’euros en 2025 pour les assureurs non-vie). Dans son propre communiqué, France Assureurs estime le montant global des dommages assurés de ces incendies à près de 500 millions d’euros pour environ 25 000 sinistres, selon un premier bilan basé sur des chiffres remontés jusqu’à la mi-août. Ce bilan est susceptible d’évoluer, compte tenu du caractère récent des incendies et de la possibilité pour les assurés de déclarer leurs sinistres jusqu’au 31 août. France Assureurs mentionne aussi plus de 1 800 dossiers ouverts au titre des pertes d’exploitation, évaluées à près de 30 millions d’euros, qui surviennent très majoritairement sans dommages matériels directs. Sur un sujet voisin : le bilan chiffré des assureurs.
Sur la couverture, l’ACPR indique que la plupart des incendies de l’été 2026 sont d’origine humaine et ne relèvent pas de la garantie catastrophe naturelle, mais les conditions météorologiques actuelles ont créé un terrain propice à leur diffusion. Elle relève par ailleurs que la majorité des massifs forestiers touchés n’était pas assurée et la matérialisation de certains risques vient parfois questionner les choix de garanties (ex. périmètre, étendue, conditions) effectués par les assurés au moment de la souscription de leur contrat.
Ce que ça change pour vous
Premier réflexe : relire ses garanties. L’ACPR cite parmi les points d’attention susceptibles d’émerger les seuils et conditions de prise en charge, notamment pour les garanties pertes d’exploitation. Vérifiez donc, dans votre contrat, les seuils et conditions qui s’appliquent ; si vous êtes professionnel, portez une attention particulière à la garantie pertes d’exploitation.
Deuxième réflexe : suivre son dossier. Demandez à votre assureur quelles mesures d’accompagnement, parmi celles décrites plus haut, s’appliquent à votre situation, et conservez les échanges, les justificatifs et les factures de relogement. Sur un sujet voisin : le dispositif de gestion des sinistres d’un assureur et celui d’un autre assureur, décrits séparément.
Troisième réflexe : anticiper les délais de travaux. L’ACPR rapporte que certains assureurs signalent des tensions susceptibles d’allonger les délais d’établissement des devis et de remise en état des biens. Sollicitez vos devis dès que possible, gardez une trace de chaque démarche et tenez votre assureur informé de l’avancement. Le communiqué mentionne aussi un remboursement des frais de relogement de ceux évacués de leur résidence principale, allant jusqu’à 3 semaines. Si cela correspond à votre situation, faites le point avec votre assureur sur les conditions qui s’appliquent à votre dossier. Sur un sujet voisin : les délais d’indemnisation en habitation et en automobile.
Enfin, posez vos questions à votre assureur ou à votre conseiller sur l’étendue de vos garanties, y compris pour des terrains boisés si vous en possédez. L’ACPR souligne l’importance de l’information des assurés sur les garanties souscrites, non seulement à la souscription, mais tout au long de la vie du contrat. Côté fiscal, voir aussi les mesures fiscales pour les sinistrés.
Perspectives
Sur les tarifs, l’ACPR écrit que l’augmentation des tarifs ne peut constituer la seule réponse du secteur aux évolutions structurelles affectant notre environnement. Sur un sujet voisin : le risque climatique et la tarification.
L’ACPR indique enfin que les incendies récents rappellent ainsi l’importance d’une réponse coordonnée associant un effort de prévention supplémentaire de court terme et, à plus long terme, d’adaptation à l’échelle des assurés comme des territoires.
L’ACPR parle d’un suivi sur le moyen terme des difficultés qui pourraient être rencontrées ; ce sujet reste à suivre auprès des sources officielles.
Questions fréquentes
Que signifie le suivi rapproché de l’ACPR pour un assuré sinistré ?
L’ACPR indique que ses services ont mis en œuvre un suivi rapproché des principaux organismes français d’assurance concernés afin d’évaluer les conséquences de ces événements en termes de sinistralité et de gestion des opérations. Pour votre propre dossier, rapprochez-vous de votre assureur.
Pourquoi relire les seuils et les conditions de mes garanties ?
L’ACPR cite parmi les points d’attention susceptibles d’émerger les modalités d’application de certaines clauses contractuelles (ex. seuils et conditions de prise en charge, notamment pour les garanties pertes d’exploitation), et souligne toute l’importance de l’information des assurés sur les garanties souscrites, non seulement à la souscription, mais tout au long de la vie du contrat et en particulier en cas de sinistre. Relisez votre contrat et interrogez votre assureur en cas de doute.
Que dit l’ACPR sur les délais de devis et de remise en état ?
L’ACPR rapporte que certains assureurs signalent en effet des tensions susceptibles d’allonger les délais d’établissement des devis et de remise en état des biens. Il s’agit de l’un des deux points d’attention que l’ACPR juge dès à présent susceptibles d’émerger. Sollicitez vos devis sans attendre et tenez votre assureur informé.
Sources officielles
- ACPR — communiqué sur le suivi de la gestion des sinistres après les incendies — ACPR (Banque de France)
- France Assureurs — communiqué sur le premier bilan des incendies de l’été — France Assureurs