Illustration : Incendies 2026 : le bilan chiffré des assureurs en Gironde et dans le Var
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Incendies 2026 : le bilan chiffré des assureurs en Gironde et dans le Var

France Assureurs a publié le 28 août 2026 le premier bilan chiffré des incendies de Gironde, des Landes et du Var : près de 500 millions d'euros de dommages assurés pour environ 25 000 sinistres. Notre article détaille les mesures exceptionnelles prises par les assureurs et ce que ça change pour les sinistrés.

Des flammes qui ont couru pendant plusieurs semaines, des villages évacués dans l'urgence, des exploitations agricoles touchées de plein fouet : l'épisode d'incendies qui a frappé la Gironde, les Landes et le Var cet été restera comme l'un des plus marquants de la décennie pour les assureurs. Après plusieurs semaines de gestion de crise sur le terrain, un premier chiffrage de l'ampleur des dégâts est désormais disponible. Au-delà des grands totaux, ce bilan éclaire la mécanique concrète de l'indemnisation pour les milliers de foyers et d'entreprises encore en attente d'une expertise ou d'un relogement.

Le bilan chiffré publié par France Assureurs

Dans un communiqué diffusé fin août, la fédération professionnelle qui représente les sociétés d'assurance en France chiffre pour la première fois précisément l'ampleur de la crise. Elle rappelle le point de départ : « Depuis le 21 juillet 2026, la Gironde, les Landes et le Var ont été touchés par des feux de forêts de grande ampleur, qui ont entraîné la destruction totale ou partielle de centaines de bâtiments et l'évacuation de centaines de milliers de personnes. »

Sur le plan financier, les assureurs estiment le coût des dommages assurés à près de 500 millions d'euros pour environ 25 000 sinistres, selon un premier bilan basé sur des chiffres remontés jusqu'à la mi-août. Ce chiffrage se décompose entre deux populations très différentes. Les dommages aux biens des particuliers concentrent la grande majorité des dossiers avec environ 21 000 sinistres, incluant la prise en charge des frais de relogement. Les dommages aux biens des professionnels (artisans, commerçants, entreprises, agriculteurs) et les collectivités territoriales représentent quant à eux près de 3 000 sinistres. Ce chiffre comprend plus de 1 800 dossiers ouverts au titre des pertes d'exploitation, évaluées à près de 30 millions d'euros, qui surviennent très majoritairement sans dommages matériels directs.

Cette dernière donnée mérite d'être soulignée : une entreprise peut avoir subi une perte de chiffre d'affaires — fermeture administrative, coupure d'accès, évacuation du personnel — sans qu'un seul bâtiment n'ait brûlé. C'est tout l'enjeu des garanties de pertes d'exploitation, souvent sous-estimées par les professionnels au moment de la souscription d'un contrat.

Comment les assureurs ont géré la crise sur le terrain

Face à l'ampleur de l'évacuation, la profession a rapidement dérogé à ses procédures habituelles. Le 27 juillet, deux mesures exceptionnelles ont été mises en œuvre : la prolongation jusqu'au 31 août du délai de déclaration des sinistres et la prise en charge des frais de relogement. Cette dernière mesure a concerné environ 30 000 personnes.

Au-delà de ces annonces cadres, plusieurs sociétés d'assurance ont construit leurs propres relais locaux, à l'image du dispositif renforcé qu'un assureur mutualiste a déployé pour ses sociétaires sinistrés ou du dispositif d'accompagnement mis en place côté bancassurance. Ces initiatives individuelles complètent le cadre collectif fixé par la fédération professionnelle.

Sur le terrain, la profession a été présente sur le terrain au Porge du 3 au 19 août, dans le cadre de la Maison France Services Victimes mise en place par la préfecture de la Gironde, ainsi qu'à Biscarosse du 4 au 6 août. Ces permanences ont permis aux sinistrés de rencontrer directement des interlocuteurs assurance, sans attendre un rendez-vous téléphonique classique.

Sur le volet indemnisation, France Assureurs précise que, pour la quasi-totalité des sinistres habitation et entreprise qui nécessitent une expertise, une visite a déjà été réalisée ou le sera dans les prochains jours. C'est un point de vigilance essentiel pour un assuré sinistré : le versement d'une indemnisation dépend presque toujours de la réalisation préalable de cette visite d'expertise, qui permet de chiffrer précisément l'étendue des dommages.

Selon Florence LUSTMAN, présidente de France Assureurs : « Au nom de l'ensemble des assureurs, je tiens à exprimer notre profonde solidarité et notre soutien à toutes les victimes des feux de forêts qui ont touché la France ces dernières semaines. » Cette prise de parole personnelle, inhabituelle dans un communiqué de bilan chiffré, illustre l'ampleur de la mobilisation de la profession sur ce dossier.

💡 Conseil

Vous avez été touché par ces incendies et n'avez pas encore déclaré votre sinistre ? Ne tardez pas : contactez votre assureur au plus vite, munissez-vous de photos, de factures ou de tout justificatif de valeur des biens endommagés, et notez le nom de l'expert qui vous contactera pour fixer un rendez-vous de visite.

Ce que cela change pour un assuré touché par un incendie

Pour un particulier ou un professionnel dont le logement ou le local a été touché, ce bilan a une traduction très concrète. D'abord sur le calendrier : Ce premier bilan est susceptible d'évoluer, compte tenu du caractère récent des incendies et de la possibilité pour les assurés de déclarer leurs sinistres jusqu'au 31 août. Passé cette échéance, la déclaration d'un sinistre relève à nouveau des délais habituels prévus par votre contrat, ce qui rend la vérification de sa situation particulièrement urgente pour quiconque n'aurait pas encore signalé de dommages.

Sur le plan de l'indemnisation, la première étape reste la visite d'expertise évoquée plus haut. Ce sujet renvoie à un enjeu plus large que nous suivons régulièrement sur ce site : la question de la qualification des experts mobilisés lors des grands sinistres climatiques, un point sensible pour la qualité et l'homogénéité des évaluations rendues aux sinistrés. Pour un logement rendu inhabitable, la prise en charge du relogement — l'une des deux mesures exceptionnelles décidées cet été — s'ajoute en principe aux garanties de base de votre contrat ; il reste toutefois indispensable de vérifier, avec votre assureur, les plafonds et la durée réellement couverts par votre contrat multirisque habitation.

Les professionnels sinistrés ont, quant à eux, intérêt à solliciter systématiquement la garantie pertes d'exploitation lorsqu'elle figure à leur contrat, même en l'absence de dommage matériel direct — c'est précisément ce que révèlent les nombreux dossiers déjà ouverts à ce titre. Par ailleurs, en parallèle du volet assurantiel, des mesures fiscales complémentaires ont été annoncées pour accompagner les sinistrés, un dispositif distinct qui peut se cumuler avec l'indemnisation d'assurance.

⚠️ Attention

La prolongation du délai de déclaration ne dispense pas de rassembler rapidement les preuves de propriété et de valeur des biens détruits. Plus l'expertise intervient tôt, plus l'évaluation des dommages — et donc le versement de l'indemnisation — peut être rapide.

Une ampleur inédite par rapport à l'été précédent

Ce bilan prend tout son relief lorsqu'on le rapproche d'un été de référence pour la profession. France Assureurs estime aujourd'hui le montant global des dommages assurés de ces incendies à près de 500 millions d'euros pour environ 25 000 sinistres. Dans ce même communiqué, la fédération professionnelle rapproche ce chiffrage de celui des feux de forêt de l'été 2022 : ces derniers avaient donné lieu à environ 2 000 déclarations de sinistres, pour un coût d'environ 80 millions d'euros.

Le rapprochement des deux bilans donne la mesure du choc : le coût estimé des dommages de cet été représente environ six fois celui de l'été 2022, pour un nombre de sinistres environ douze fois et demie supérieur. Un tel écart illustre à quel point un seul épisode d'incendies de grande ampleur peut désormais peser sur les comptes d'une profession entière.

Cette tendance n'est pas propre au risque incendie. Elle s'inscrit dans une dynamique plus large de renchérissement de la sinistralité climatique, qui pèse directement sur le calcul des cotisations : l'exposition climatique de votre commune influe déjà sur le montant de votre prime d'assurance habitation. Le bilan de France Assureurs sur les incendies de cet été s'ajoute ainsi à une liste déjà longue d'épisodes qui rebattent, année après année, la manière dont les assureurs évaluent et tarifient le risque.

Questions fréquentes

Dès le lendemain du déclenchement de la crise, les assureurs ont décidé la prolongation jusqu'au 31 août du délai de déclaration des sinistres. Ce premier bilan est susceptible d'évoluer, compte tenu du caractère récent des incendies et de la possibilité pour les assurés de déclarer leurs sinistres jusqu'au 31 août. Il est donc recommandé de contacter son assureur sans attendre si ce n'est pas déjà fait.

En complément de la prolongation des délais, les assureurs ont décidé la prise en charge des frais de relogement des personnes évacuées. Cette dernière mesure a concerné environ 30 000 personnes. Les modalités précises dépendent toutefois de chaque contrat et doivent être vérifiées directement auprès de son assureur.

France Assureurs indique que, pour la quasi-totalité des sinistres habitation et entreprise qui nécessitent une expertise, une visite a déjà été réalisée ou le sera dans les prochains jours. Cette visite, réalisée par un expert missionné par l'assureur, permet de chiffrer précisément l'étendue des dommages avant le versement de l'indemnisation.

Sources officielles