Illustration : Assurances santé-prévoyance 2025 : 89,1 milliards d'euros collectés
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Assurances santé-prévoyance 2025 : 89,1 milliards d'euros collectés

En 2025, le marché français de l'assurance santé et prévoyance a collecté 89,1 milliards d'euros de cotisations, en hausse de 3,2 %. Entreprises d'assurance, mutuelles et institutions de prévoyance ne progressent pas au même rythme, et le collectif tire désormais la croissance. Décryptage de cette structure de marché et de ce qu'elle signifie pour votre complémentaire.

Chaque année, France Assureurs met en ligne les chiffres clés du marché de l'assurance santé et prévoyance, ventilés par famille d'organismes : entreprises d'assurance, mutuelles et institutions de prévoyance. La dernière édition dessine un marché toujours en croissance, mais à un rythme moins soutenu que l'année précédente, avec une structure de collecte qui continue de se redessiner entre les trois familles d'acteurs. Cet article détaille qui collecte ces cotisations, comment elles se répartissent entre contrats individuels et collectifs, ce que cela signifie pour le financement des dépenses de santé, et pourquoi cette photographie du marché éclaire ce que vit concrètement chaque assuré au moment de choisir — ou de subir — sa complémentaire santé ou sa prévoyance.

Les faits : 89,1 milliards d'euros de cotisations, un marché toujours en croissance

Selon les chiffres clés publiés par France Assureurs, les cotisations du marché de l'assurance santé et prévoyance atteignent 89,1 Md€ en 2025, en hausse de +3,2 % sur un an. Cette croissance demeure toutefois moins dynamique que celle enregistrée en 2024 (+5,8 %), traduisant un ralentissement après plusieurs années de forte progression. Elle reste néanmoins à un rythme supérieur à celui observé avant la crise sanitaire, soit +2,7 % en moyenne annuelle sur la période 2011-2019.

Le collectif accélère plus vite que l'individuel

Les contrats collectifs progressent plus vite que les contrats individuels en 2025 (+3,9 % contre +2,4 %) et représentent désormais 57 % des cotisations de l'année. Cette dynamique se retrouve aussi dans la comparaison entre les trois familles d'organismes qui se partagent le marché.

Trois familles d'organismes, trois dynamiques

Les entreprises d'assurance, qui concentrent 56 % des cotisations du marché, enregistrent une hausse de +3,4 %. Les mutuelles affichent une progression plus modérée, +1,7 %, pour 26 % des cotisations. Les institutions de prévoyance se distinguent par la croissance la plus élevée du marché, +4,9 %, bien qu'elles ne représentent que 18 % du marché.

Cette hiérarchie n'est pas la même selon le type de contrat. Sur le segment individuel, les entreprises d'assurance et les mutuelles concentrent l'essentiel de l'activité, avec respectivement 58 % et 40 % des cotisations, les institutions de prévoyance restant marginales (3 %). En collectif, les entreprises d'assurance confortent leur position de premier acteur avec 54 % des cotisations, devant les institutions de prévoyance (30 %) et les mutuelles (16 %) — une hiérarchie presque inversée par rapport à l'individuel.

Santé et prévoyance : deux rythmes distincts

L'assurance santé reste le principal moteur de croissance du marché, avec des cotisations en hausse de +4,2 % pour atteindre 48,8 Md€. Les cotisations de prévoyance progressent plus modérément, +2,1 %, pour atteindre 40,3 Md€.

Chez les seules entreprises d'assurance, le contraste entre les deux activités est encore plus marqué. Les cotisations d'assurance santé y progressent de +5,6 % en 2025, après +15,3 % en 2024, une hausse alors liée à l'intégration de deux nouvelles entreprises ayant repris des portefeuilles santé d'une mutuelle régie par le code de la Mutualité. Les cotisations de prévoyance des entreprises d'assurance atteignent 29,7 Md€, en hausse de +2,1 % après +4,6 % en 2024. Dans le détail des garanties de prévoyance, les cotisations des garanties incapacité de travail, invalidité, dépendance et décès accidentel progressent de +2,1 % après +6,7 %, tandis que les cotisations des assurances décès toutes causes progressent de +2,0 % après +2,6 %.

Prestations et charges : ce que le marché reverse aux assurés

Au-delà des cotisations collectées, les chiffres clés détaillent aussi ce qui est reversé aux assurés. En 2025, l'ensemble du marché a versé 59 384 millions d'euros de prestations, +2,8 %, dont 37 634 millions d'euros en assurance santé, +2,7 %. Les prestations versées en prévoyance atteignent 21 749 millions d'euros, +2,9 %, dont 13 723 millions d'euros pour les garanties incapacité, invalidité, dépendance et décès accidentel, +6,1 %.

Les charges de prestations, qui intègrent les provisions pour sinistres à régler, progressent plus vite que les prestations versées : 65 046 millions d'euros pour l'ensemble du marché, +3,4 %, dont 39 844 millions d'euros en assurance santé, +2,9 %. En prévoyance, elles s'élèvent à 25 203 millions d'euros, +4,1 %, dont 16 427 millions d'euros pour les garanties incapacité, invalidité, dépendance et décès accidentel, +6,4 % — signe que la sinistralité y progresse plus vite que sur le reste du marché.

À leur seule échelle, les entreprises d'assurance illustrent cette même mécanique : 49 607 millions d'euros de cotisations santé-prévoyance collectées en 2025, +3,4 %, dont 19 871 millions d'euros en assurance santé, +5,6 %, 29 070 millions d'euros de prestations versées, +4,0 %, dont 14 692 millions d'euros en assurance santé, +4,8 %, pour 32 656 millions d'euros de charges de prestations, +2,5 %, dont 15 784 millions d'euros en assurance santé, +3,0 %.

Mise en perspective : la place des complémentaires dans le financement de la santé

Ces 89,1 Md€ de cotisations ne représentent qu'une partie du financement global des dépenses de santé en France. Selon le Panorama de la DREES sur les dépenses de santé, la part de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) prise en charge par les organismes complémentaires — mutuelles, sociétés d'assurance et institutions de prévoyance confondues — atteint 12,8 % en 2024, soit 33 milliards d'euros. Ce chiffre resitue les montants vus plus haut : les cotisations collectées ne financent pas que la santé au sens strict, une part allant aux garanties de prévoyance (incapacité, invalidité, décès).

La progression plus rapide du collectif que de l'individuel n'est pas qu'un effet de marché : elle est aussi portée par un cadre réglementaire. Dans le cadre de la complémentaire santé d'entreprise, tout employeur du secteur privé qui met en place une complémentaire santé collective doit financer au moins 50 % de la cotisation de ses salariés, ce qui explique une partie de l'attractivité du collectif face à l'individuel, où l'assuré supporte seul l'intégralité de sa cotisation. C'est l'un des ressorts documentés dans notre article sur la prévoyance collective de branche.

Ce que ça change pour vous

Cette structure de marché n'est pas qu'une statistique abstraite : elle a des conséquences concrètes selon votre situation.

Si vous êtes salarié du privé, votre complémentaire santé est très probablement un contrat collectif, où — rappelons-le — l'employeur finance au moins la moitié de la cotisation. C'est ce segment qui tire la croissance du marché, porté principalement par les entreprises d'assurance, premier acteur du collectif devant les institutions de prévoyance et les mutuelles. Si votre entreprise renégocie son contrat, les évolutions tarifaires constatées suivent globalement cette tendance, avec des écarts selon la famille d'organisme retenue.

Si vous êtes en contrat individuel — indépendant, retraité, ou salarié sans complémentaire collective — vous êtes très majoritairement couvert par une entreprise d'assurance ou une mutuelle, les institutions de prévoyance étant marginales sur ce segment. La progression plus modérée des cotisations individuelles reste positive : il est donc pertinent de comparer régulièrement les offres, par exemple via notre comparatif des prix des mutuelles santé.

Si vos ressources sont modestes, un dispositif distinct du marché assurantiel classique existe : les plafonds de ressources permettant de bénéficier de la Complémentaire santé solidaire ont été relevés au 1er avril 2026, ce qui élargit potentiellement le nombre de foyers éligibles à cette couverture gratuite ou à faible coût. Notre article sur les remboursements de soins du régime général détaille par ailleurs les mécanismes de reste à charge que votre complémentaire, quelle que soit sa famille d'organisme, a vocation à couvrir.

Enfin, si votre mutuelle vous a informé d'une hausse de cotisation, la dynamique des institutions de prévoyance, la plus forte du marché, et le ralentissement relatif des mutuelles montrent que l'ampleur des hausses varie selon la famille d'organisme — un élément à garder en tête avant de résilier ou changer de complémentaire, notamment dans le contexte du gel des cotisations contesté devant le Conseil constitutionnel.

Perspectives

Le dossier de France Assureurs ne comporte aucune projection chiffrée pour 2026 ou 2027 : les chiffres clés portent exclusivement sur l'exercice 2025. Plusieurs sujets connexes, documentés sur echangesassurances.org, permettent néanmoins de resituer cette photographie dans une trajectoire plus large. Les transferts de charges vers les complémentaires santé annoncés pour 2027 et la contribution demandée aux mutuelles dans le rapport Charges et Produits de la Cnam laissent penser que la part des organismes complémentaires dans le financement de la santé, actuellement de 12,8 % de la CSBM, pourrait continuer d'évoluer.

Du côté réglementaire, la vigilance porte aussi sur la solidité des garanties elles-mêmes : notre article sur ce que deviennent vos garanties en cas de perte d'agrément ACPR d'une mutuelle rappelle que la stabilité de l'organisme compte autant que son tarif. Pour l'assuré comme pour l'entreprise qui négocie sa complémentaire collective, ces chiffres de marché restent un repère utile, mais non suffisant pour choisir un contrat : garanties, réseaux de soins et niveau de service demeurent déterminants.

Questions fréquentes

Les entreprises d'assurance arrivent en tête avec 56 % des cotisations du marché (+3,4 % sur un an), devant les mutuelles, qui en collectent 26 % (+1,7 %), et les institutions de prévoyance, qui en représentent 18 %, mais affichent la plus forte croissance du marché (+4,9 %).

En 2025, les contrats collectifs progressent de +3,9 % contre +2,4 % pour les contrats individuels, et représentent désormais 57 % des cotisations de l'année. Une des explications tient au cadre réglementaire : tout employeur du secteur privé qui met en place une complémentaire santé collective doit financer au moins 50 % de la cotisation de ses salariés, ce qui rend le collectif structurellement plus attractif que l'individuel.

En 2024, les organismes complémentaires (mutuelles, sociétés d'assurance et institutions de prévoyance) financent 12,8 % de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), soit 33 milliards d'euros. Le reste est financé principalement par la Sécurité sociale, le solde restant à la charge des ménages ou de l'État.

Sources officielles