La Fédération des institutions paritaires de protection sociale (FIPS) publie une étude sur la couverture prévoyance des salariés du secteur privé négociée dans le cadre des branches professionnelles. Voici ce que révèlent ces chiffres, comment fonctionne concrètement ce mécanisme de protection collective, et ce qu'il représente à l'échelle du marché français de la prévoyance.
Ce que révèle l'étude de la FIPS
Dans un communiqué récent, la FIPS indique que plus de 94 % des salariés sont a minima couverts en prévoyance grâce aux négociations menées dans les branches professionnelles. Cette étude porte sur 177 branches sur les 198 conventions collectives nationales analysées, un périmètre qui couvre 19,8 millions de salariés sur les 21,1 millions que compte le secteur privé.
La FIPS détaille la couverture par type de risque : 92,4 % des salariés couverts sont protégés en cas d'arrêt de travail pour incapacité, 87,8 % en cas d'invalidité lourde, et 87 % disposent d'une garantie décès au bénéfice de leurs proches. La fédération précise également que la garantie décès de branche représente en moyenne un capital équivalent à 168 % du salaire annuel du salarié couvert.
Au-delà de ces niveaux de couverture, la FIPS met en avant un mécanisme de solidarité spécifique aux régimes de branche : le Degré Élevé de Solidarité (DES). Selon L'Assurance en Mouvement, ce dispositif est aujourd'hui mis en place dans 71 branches et couvre 47 % des salariés du secteur privé.
Comment fonctionne la prévoyance de branche
La prévoyance collective désigne les garanties qui complètent les prestations de la Sécurité sociale en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décès. Le code de la sécurité sociale encadre précisément la façon dont ces garanties sont mises en place au sein d'une entreprise : les garanties collectives dont bénéficient les salariés, anciens salariés et ayants droit en complément de celles qui résultent de l'organisation de la sécurité sociale sont déterminées soit par voie de conventions ou d'accords collectifs, soit par un accord conclu au sein du comité social et économique, soit, à défaut, par une décision unilatérale du chef d'entreprise constatée dans un écrit remis par celui-ci à chaque intéressé.
Ces garanties collectives couvrent un périmètre de risques défini par la loi : la couverture du risque décès, des risques portant atteinte à l'intégrité physique de la personne ou liés à la maternité, des risques d'incapacité de travail ou d'invalidité, des risques d'inaptitude et du risque chômage, mais aussi la constitution d'avantages sous forme de pensions de retraite, d'indemnités ou de primes de départ en retraite ou de fin de carrière. Lorsqu'un accord de branche professionnelle instaure un régime de prévoyance, celui-ci s'applique en principe à toutes les entreprises relevant de cette branche, ce qui explique la couverture large mise en avant par la FIPS : un salarié n'a généralement aucune démarche à effectuer pour en bénéficier, la couverture étant liée à son contrat de travail et à la convention collective applicable.
Le contexte : la prévoyance, un marché à part dans la protection sociale
Le marché français de la prévoyance représente des montants significatifs. Selon une étude de la DREES, en 2023, les organismes d'assurance ont collecté 25,4 milliards d'euros de cotisations en prévoyance, hors contrats emprunteurs. Cette collecte se répartit entre plusieurs familles d'organismes : les entreprises d'assurance ont collecté 15,4 milliards d'euros en prévoyance (60 % des cotisations), contre 7,8 milliards d'euros pour les institutions de prévoyance (31 %), le solde revenant aux mutuelles.
La DREES relève par ailleurs des équilibres économiques différents entre la prévoyance et la complémentaire santé : le retour sur cotisations de la prévoyance, hors contrats emprunteurs, est sensiblement plus faible que celui de l'assurance complémentaire santé, qui atteignait 81 % en 2023, tandis que les charges de gestion des organismes d'assurance ont atteint un niveau plus élevé en prévoyance, estimées à 32 % des cotisations collectées. Conséquence de ces équilibres : le résultat technique des organismes complémentaires a été légèrement négatif en santé (-0,4 %), quand il s'est élevé à 14 % des cotisations en prévoyance en 2023, selon la même étude.
Ces données de marché portent sur l'ensemble de la prévoyance individuelle et collective ; elles ne permettent pas d'isoler le seul segment des accords de branche étudié par la FIPS, mais elles situent l'ampleur du secteur dans lequel s'inscrit la couverture collective négociée par les partenaires sociaux. La FIPS se présente elle-même comme l'organisation représentative des partenaires sociaux, et de l'ensemble des institutions de prévoyance et des groupes de protection sociale, porte-parole de 14 millions de salariés et 2 millions d'entreprises à travers ses 41 organismes adhérents. Elle poursuit depuis 2026 une mission engagée de longue date : la FIPS poursuit la mission du CTIP qui, depuis 1986, valorise la spécificité de la gestion paritaire et le rôle indispensable des partenaires sociaux dans la protection sociale complémentaire.
Ce que ça change pour vous
Si vous êtes salarié du secteur privé, votre niveau de couverture prévoyance dépend d'abord de la convention collective applicable à votre entreprise : c'est elle qui détermine si un régime de branche existe, et quelles garanties il prévoit (incapacité, invalidité, décès, rente éducation). Ce régime peut ensuite être complété par un accord d'entreprise ou une décision de l'employeur, qui vient s'ajouter au socle de branche.
💡 Conseil
Pour connaître précisément vos garanties de prévoyance, consultez votre bulletin de paie (qui mentionne la cotisation prévoyance) ainsi que la notice d'information remise par votre employeur ou votre organisme de prévoyance. En cas de doute sur l'existence d'un régime de branche, le service des ressources humaines de votre entreprise ou les représentants du personnel peuvent vous indiquer la convention collective applicable et le régime de prévoyance qui en découle.
Pour les travailleurs indépendants ou les professions non couvertes par un accord de branche, la situation est différente : la prévoyance des indépendants relève alors d'une démarche individuelle de souscription, sans le socle automatique dont bénéficient les salariés relevant d'une branche dotée d'un régime. Il est alors utile de comparer les niveaux de garanties proposés par les différents contrats, notamment pour les risques d'incapacité et d'invalidité.
⚠️ Attention
La couverture par un accord de branche ne signifie pas que tous les salariés d'une même branche bénéficient exactement des mêmes montants de garanties : les niveaux de prestations (capital décès, indemnités journalières, rente) peuvent varier selon les accords et les compléments mis en place par chaque entreprise. Vérifiez systématiquement votre notice d'information individuelle plutôt que de vous fier à une moyenne sectorielle.
Questions fréquentes
C'est un régime de garanties (incapacité, invalidité, décès) négocié par les partenaires sociaux au niveau d'une branche professionnelle, via une convention collective. Lorsqu'il existe, ce régime s'applique en principe à toutes les entreprises de la branche, sans démarche individuelle du salarié.
Selon l'étude de la FIPS, plus de 94 % des salariés sont a minima couverts en prévoyance grâce aux négociations de branche, ce qui représente 19,8 millions de salariés sur les 21,1 millions que compte le secteur privé, à partir d'une analyse de 177 branches sur les 198 conventions collectives nationales.
C'est un dispositif de solidarité propre aux régimes de prévoyance de branche, qui finance des prestations non directement liées aux cotisations individuelles (actions de prévention, prises en charge spécifiques). Selon L'Assurance en Mouvement, il est aujourd'hui mis en place dans 71 branches et couvre 47 % des salariés du secteur privé.
Le code de la sécurité sociale prévoit trois voies possibles : un accord de branche ou une convention collective, un accord d'entreprise (y compris via le comité social et économique), ou, à défaut, une décision unilatérale de l'employeur formalisée par écrit et remise à chaque salarié.
Non. Le code de la sécurité sociale prévoit un périmètre plus large : risque décès, risques liés à la maternité ou à l'intégrité physique, incapacité de travail, invalidité, inaptitude, risque chômage, ainsi que la constitution d'avantages de retraite ou d'indemnités de départ en retraite.
Pas tout à fait. D'après la DREES, la prévoyance a représenté 25,4 milliards d'euros de cotisations en 2023 (hors emprunteur), avec un résultat technique de 14 % des cotisations pour les organismes complémentaires, contre un résultat légèrement négatif de -0,4 % en santé la même année — deux marchés aux équilibres économiques distincts.
La Fédération des institutions paritaires de protection sociale (FIPS) est l'organisation représentative des partenaires sociaux et des institutions de prévoyance et groupes de protection sociale. Elle poursuit depuis 2026 la mission engagée par le CTIP depuis 1986, et représente 14 millions de salariés, 2 millions d'entreprises et 41 organismes adhérents.