Illustration : Prévoyance TNS 2026 : ce que touchent vraiment les indépendants
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Prévoyance TNS 2026 : ce que touchent vraiment les indépendants

IJ plafonnées, capital décès de 9 612 €, invalidité limitée : ce que touche un indépendant en 2026 et comment bien choisir sa prévoyance avec la déduction Madelin.

Artisan, commerçant, profession libérale : en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décès, la protection sociale obligatoire des travailleurs non salariés (TNS) reste bien plus légère que celle des salariés. Comprendre ce que verse — ou ne verse pas — le régime de base est la première étape pour mesurer le besoin réel de prévoyance et profiter de la déduction fiscale du dispositif Madelin. Tour d'horizon des droits 2026 et des bons réflexes.

Indépendants : une protection de base qui laisse des trous

Le régime obligatoire des indépendants verse bien des indemnités journalières en cas de maladie, mais elles sont plafonnées et différées. Pour un artisan ou un commerçant, l'indemnité journalière ne peut pas excéder le montant maximum de 65,84 € bruts fixé au 1er janvier 2026. Elle est calculée comme 1/730e du revenu d'activité annuel moyen, ce dernier étant retenu dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 € bruts. Mais rien n'est versé immédiatement : les indemnités journalières maladie sont dues à compter du 4e jour d'arrêt de travail, et le montant devient 0 € quand le revenu annuel moyen sur les 3 années précédentes est inférieur à 4 582 €.

Les professions libérales relèvent de règles encore plus restrictives. Leur indemnité journalière ne peut pas excéder le montant maximum de 197,51 € bruts, mais la durée totale de l'arrêt ne peut pas dépasser 90 jours indemnisés. À titre de comparaison, un salarié perçoit une indemnité journalière égale à 50 % de son salaire journalier de base, peut bénéficier de 360 jours d'indemnités journalières sur une période maximale de 3 ans, et bénéficie surtout, le plus souvent, d'un maintien de salaire par son employeur — un filet qui n'existe pas pour l'indépendant.

Le vrai point faible se situe sur l'invalidité et le décès. En invalidité, la pension du régime des indépendants est égale à 30 % du revenu annuel moyen en cas d'invalidité partielle, et à 50 % du revenu annuel moyen pour une invalidité totale. Et le capital décès versé aux proches d'un cotisant n'est que de 9 612 € en 2026 — une somme qui ne couvre guère plus que des frais immédiats. Côté santé en revanche, l'égalité est acquise : la Protection Universelle Maladie (PUMa) couvre les frais de santé selon les mêmes conditions que les salariés du régime général.

Pourquoi le déficit de couverture persiste

Face à ces lacunes, les indépendants restent largement sous-équipés en prévoyance complémentaire. Selon le baromètre CSA réalisé pour MetLife, seuls 44 % des travailleurs non salariés disposent d'un contrat de prévoyance en 2026. Or le même baromètre CSA pour MetLife relève que 62 % déclarent ne pas pouvoir maintenir leur niveau de vie au-delà d'un mois en cas d'interruption d'activité. L'écart entre le risque ressenti et la couverture réelle est donc considérable.

Le frein est d'abord financier : toujours d'après le baromètre CSA pour MetLife, 60 % des entrepreneurs non équipés citent le prix comme principal motif de non-souscription. Cette réticence s'explique aussi par des revenus très hétérogènes. Selon l'INSEE, un non-salarié classique sur deux gagne plus de 2 620 euros par mois, mais un micro-entrepreneur sur deux gagne moins de 340 euros par mois. Entre ces deux extrêmes, la capacité — et le besoin — de se couvrir varient énormément, ce qui suppose d'ajuster sa prévoyance aux garanties d'arrêt de travail adaptées à votre statut.

Ce que ça change pour vous : bien choisir sa prévoyance

Pour combler ces trous, le levier principal reste le contrat de prévoyance complémentaire, doublé d'un avantage fiscal. Le dispositif Madelin, codifié à l'article 154 bis du Code général des impôts, permet de déduire de son bénéfice imposable les cotisations de prévoyance et de complémentaire santé. Pour ces garanties, le plafond annuel de déduction correspond à 7 % du PASS et 3,75 % du bénéfice imposable. La loi prévoit que les primes de contrats d'assurance groupe sont également déductibles, ainsi que les cotisations aux régimes facultatifs spécifiques de sécurité sociale pour les mêmes risques. Le texte intégral est consultable sur l'article 154 bis du CGI sur Légifrance.

Au-delà de l'optimisation fiscale, quelques réflexes concrets s'imposent :

  • Calibrez l'indemnité sur vos charges fixes : loyer professionnel, crédits, salaires éventuels doivent pouvoir être couverts même sans chiffre d'affaires. Visez une prévoyance qui couvre réellement les arrêts de travail, au-delà des plafonds du régime de base.
  • Choisissez un délai de franchise adapté : plus la franchise est courte, plus la cotisation grimpe, mais plus vous êtes protégé tôt — un arbitrage à faire selon votre trésorerie.
  • Ne négligez pas l'invalidité et le décès : ce sont les garanties les plus défaillantes dans le régime obligatoire. Vérifiez le capital et la rente prévus pour couvrir le risque d'invalidité sur le long terme.
  • Adaptez selon votre statut : artisan, libéral ou gérant, les droits de base diffèrent. Choisissez vos garanties selon votre statut d'indépendant et complétez par une complémentaire santé adaptée aux indépendants.

Vous pouvez vérifier le détail de vos droits maladie d'indépendant sur le site de l'Assurance Maladie (ameli.fr) avant de dimensionner votre contrat.

Perspectives 2026 pour les travailleurs non salariés

Le marché de la prévoyance TNS est identifié comme un fort potentiel par les assureurs, précisément parce que le besoin reste massivement non couvert. Mais l'équipement progresse lentement : tant que la majorité des indépendants ignorent le niveau réel de leurs droits de base, le réflexe de souscription tarde. La pédagogie sur les montants — un capital décès limité à 9 612 € en 2026, une invalidité plafonnée à 50 % du revenu annuel moyen — est sans doute le meilleur déclencheur.

Pour 2026, la marche à suivre est claire : faire le point sur ses droits obligatoires, chiffrer le manque à gagner en cas d'arrêt long, puis souscrire une prévoyance dimensionnée sur ses charges réelles en profitant de la déduction Madelin. Mieux vaut un contrat ajusté qu'une absence de couverture face à un risque qui, lui, ne fait pas de distinction entre salariés et indépendants.

Questions fréquentes

Pour un artisan ou commerçant, l'indemnité journalière ne peut pas excéder le montant maximum de 65,84 € bruts fixé au 1er janvier 2026, et les indemnités journalières maladie sont dues à compter du 4e jour d'arrêt de travail. Les premières journées d'arrêt ne sont donc pas indemnisées.

Oui : il permet de déduire les cotisations de prévoyance et de santé du bénéfice imposable. Pour ces garanties, le plafond de déduction est de 7 % du PASS et 3,75 % du bénéfice imposable. La déduction concerne aussi, selon le Code général des impôts, les primes de contrats d'assurance groupe ainsi que les cotisations aux régimes facultatifs spécifiques de sécurité sociale pour les mêmes risques.

Selon le baromètre CSA pour MetLife, seuls 44 % des travailleurs non salariés disposent d'un contrat de prévoyance en 2026, et 60 % des entrepreneurs non équipés citent le prix comme principal motif de non-souscription. Pourtant, 62 % déclarent ne pas pouvoir maintenir leur niveau de vie au-delà d'un mois en cas d'interruption d'activité.

Sources officielles