Illustration : Generali lance un fonds d'infrastructures énergétiques en UC
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Generali lance un fonds d'infrastructures énergétiques en UC

Generali lance un fonds d'infrastructures dédié à la transition énergétique, accessible en assurance-vie et PER sans minimum d'investissement. Fonctionnement, contexte marché et impact pour l'épargnant.

Generali France, Generali Investments et Sosteneo annoncent le lancement du GF Energy Infrastructure Fund, un nouveau support en unités de compte accessible en assurance-vie et en PER, dédié au financement d'infrastructures de transition énergétique. Une annonce qui s'inscrit dans une dynamique de marché où les unités de compte prennent une part croissante de la collecte, et qui ouvre aux épargnants particuliers une classe d'actifs longtemps réservée aux investisseurs institutionnels. Voici ce qu'il faut en retenir.

Ce que Generali annonce

Generali France enrichit son offre d'actifs réels en collaboration avec Generali Investments et Sosteneo SGR S.p.A., et propose aux épargnants un accès exclusif à GF Energy Infrastructure Fund, un fonds d'infrastructures innovant dédié à la transition énergétique. Éligible à l'assurance vie et au Plan d'Épargne Retraite, ce nouveau support en unités de compte non coté offre aux investisseurs privés une opportunité de contribuer à la transition énergétique tout en diversifiant leur épargne. Sur le plan juridique, le fonds prend la forme d'un Fonds Commun de Placement à Risques (FCPR), et les contrats concernés sont Himalia, Himalia Patrimoine, Espace Invest 5 et le PER Generali Patrimoine.

Côté accessibilité, Generali met en avant l'absence de barrière à l'entrée : aucun minimum d'investissement n'est requis pour accéder au fonds au sein des contrats éligibles. Le communiqué rappelle également les caractéristiques propres à tout support en unités de compte : l'investissement supporte un risque de perte en capital puisque sa valeur est sujette à fluctuation à la hausse comme à la baisse dépendant notamment de l'évolution des marchés financiers, et l'assureur s'engage sur le nombre d'unités de compte et non sur leur valeur qu'il ne garantit pas.

Trois dirigeants portent l'annonce. Pour Generali France, « avec GF Energy Infrastructure Fund, nous poursuivons notre mission d'accompagnement des clients vers une épargne toujours plus diversifiée, responsable et tournée vers l'avenir », selon Hugues Aubry, membre du comité exécutif. Côté gestion d'actifs, « le lancement du GF Energy Infrastructure Fund s'inscrit pleinement dans notre stratégie visant à proposer des expertises d'investissement spécialisées et des solutions sur mesure », selon Gabriele Alberici de Generali Investments. Le partenaire industriel Sosteneo complète : « nous sommes fiers de collaborer avec Generali France et Generali Investments afin de proposer aux investisseurs une solution concrète pour investir dans les infrastructures d'énergie de transition », selon son CEO Umberto Tamburrino.

Comment fonctionne ce nouveau support

Concrètement, un FCPR logé en unités de compte permet d'investir, au sein de son contrat d'assurance-vie ou de son PER, dans des actifs non cotés — ici des infrastructures de transition énergétique — sans ouvrir de compte-titres dédié. L'épargnant achète des parts du fonds via son contrat, au même titre qu'il sélectionnerait un fonds actions ou obligataire dans sa liste de supports. La valeur de ces parts évolue avec celle des actifs détenus par le fonds, à la hausse comme à la baisse.

Comme pour tout support de ce type, les éléments détaillés du fonds — frais de gestion, horizon de placement recommandé, conditions et fréquence de rachat — figurent dans la documentation réglementaire (DICI, prospectus), disponible auprès de Generali, de son conseiller ou dans l'espace client. C'est ce document, et non l'annonce de lancement, qui sert de référence contractuelle avant toute souscription : un réflexe standard pour n'importe quel support en unités de compte, a fortiori pour un actif non coté dont la liquidité obéit à des règles spécifiques.

Le contexte : les unités de compte en plein essor

L'annonce s'inscrit dans un contexte de marché où les unités de compte gagnent structurellement du terrain. Selon les derniers chiffres de France Assureurs, la collecte nette de l'assurance-vie s'établit à +4,0 milliards d'euros en mai 2026, en hausse de +0,3 milliard d'euros par rapport au même mois de l'année précédente, et la part des unités de compte dans les cotisations s'établit à 34 % sur le mois de mai 2026 et à 38 % depuis le début de l'année. Dans le détail, cette dynamique est principalement portée par les supports en UC (+2,8 milliards d'euros) et dans une moindre mesure par ceux en euros (+1,2 milliard d'euros), et l'encours des contrats d'assurance vie atteint 2 162 milliards d'euros à fin mai 2026, en hausse de +5,7 % sur un an. Sur l'ensemble de l'année 2025, les cotisations en unités de compte ont atteint 75,1 milliards d'euros, en hausse de 13 %, portant l'encours total de l'assurance-vie française à un niveau record de 2 107 milliards d'euros.

Le cadre réglementaire accompagne cet essor : un décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 renforce l'encadrement de l'univers d'investissement de l'assurance vie et du plan d'épargne retraite, entré en vigueur le lendemain de sa publication. Les supports non cotés proposés au grand public s'inscrivent donc dans un environnement de plus en plus structuré.

L'Autorité des marchés financiers a documenté la montée en puissance de cette classe d'actifs pour le grand public : les actifs sous gestion des FCPR, hors fonds fiscaux, sont passés de 628 millions d'euros au 31 décembre 2017 à 9 200 millions d'euros au 31 décembre 2024. Sur la performance, les FCPR « Evergreen » ouverts aux rachats affichent une performance médiane supérieure, de 5 %, mais l'AMF précise que la performance des fonds d'actifs non cotés destinés aux clients de détail ne peut être assimilée par défaut à la performance historique des fonds professionnels. Sur les coûts, toujours selon l'AMF, les FIP et FCPI ont les frais les plus élevés (3,5 % et 3,2 % par an respectivement), tandis que les autres fonds grand public affichent des frais annuels compris entre 2,4 % et 2,7 % — des ordres de grandeur qui concernent le marché dans son ensemble. Boursorama rapporte par ailleurs qu'en 2025, le coût récurrent moyen des fonds supports d'unités de compte atteint 1,60 %, contre 2,25 % pour les fonds immobiliers, 2,33 % pour les fonds alternatifs et 2,50 % pour les fonds de capital-investissement.

Generali rejoint ainsi les assureurs qui ouvrent les fonds d'infrastructures thématiques aux épargnants : la Macif a intégré dès fin 2024 le fonds Eiffel Infrastructures vertes dans son contrat Macif Épargne Vie, un support classé article 9 selon le règlement SFDR et labellisé Greenfin, qui avait alors déjà engagé plus de 112 millions d'euros pour développer des capacités de production d'énergie renouvelable représentant 8 425 mégawatts. Ce lancement s'ajoute à une série de fonds thématiques déjà intégrés en assurance-vie par d'autres acteurs, à l'image du fonds de défense Bpifrance ouvert aux épargnants sur le même principe d'unités de compte non cotées. L'offre de fonds liés à la transition énergétique répond à une demande réelle d'épargnants en quête de sens, et l'absence de minimum d'investissement facilite l'accès à une classe d'actifs auparavant réservée aux investisseurs institutionnels ou avertis.

Ce que ça change pour vous

Pour les détenteurs d'un contrat Himalia, Himalia Patrimoine, Espace Invest 5 ou du PER Generali Patrimoine, ce nouveau support élargit l'offre de diversification disponible sans minimum d'investissement. Il s'agit d'un support en unités de compte non coté, avec le risque de perte en capital et les règles de liquidité qui caractérisent structurellement cette famille de produits, à ne pas confondre avec un fonds euros garanti. Avant toute souscription, le réflexe habituel s'applique : consulter la documentation réglementaire complète (DICI, prospectus) auprès de son conseiller ou dans l'espace client pour connaître les frais, l'horizon de placement recommandé et les conditions de sortie, puis vérifier que le support s'inscrit dans son profil de risque et son horizon d'épargne.

Plus largement, ce lancement confirme que les stratégies de diversification de l'épargne longue passent de plus en plus par des supports thématiques liés à la transition énergétique, une tendance qui s'inscrit dans la dynamique de collecte record de l'assurance-vie observée en 2026, à comparer avec attention à la fiscalité et aux frais des autres enveloppes d'épargne long terme avant tout arbitrage.

Questions fréquentes

Les frais propres au fonds figurent dans sa documentation réglementaire (DICI, prospectus), disponible auprès de Generali ou de son conseiller, comme pour tout support en unités de compte. À titre de repère de marché, Boursorama rapporte qu'en 2025 le coût récurrent moyen des fonds supports d'unités de compte atteint 1,60 %, et jusqu'à 2,50 % pour les fonds de capital-investissement.

Non. Comme tout support en unités de compte, ce fonds comporte un risque de perte en capital : sa valeur fluctue à la hausse comme à la baisse selon l'évolution des marchés, et l'assureur s'engage uniquement sur le nombre d'unités de compte détenues, pas sur leur valeur.

Non, Generali annonce l'absence de minimum d'investissement pour accéder au GF Energy Infrastructure Fund au sein des contrats éligibles (Himalia, Himalia Patrimoine, Espace Invest 5, PER Generali Patrimoine).

Les fonds d'infrastructures non cotés, par nature moins liquides qu'un fonds actions coté, obéissent généralement à des conditions de sortie spécifiques. Celles-ci sont précisées dans la documentation contractuelle du fonds : un point à vérifier avant de souscrire, en particulier pour une épargne dont on pourrait avoir besoin à court terme.

Selon France Assureurs, la part des unités de compte dans les cotisations d'assurance-vie a nettement progressé depuis le début de l'année 2026, contre des rendements de fonds euros jugés moins attractifs par de nombreux épargnants en quête de diversification et de potentiel de performance à plus long terme, malgré un risque de perte en capital accru.

Oui. La Macif propose depuis fin 2024 le fonds Eiffel Infrastructures vertes dans son contrat Macif Épargne Vie, classé article 9 SFDR et labellisé Greenfin, avec un montant déjà significatif engagé dans des capacités de production d'énergie renouvelable au moment de son intégration.

Sources officielles