Illustration : Generali et Descartes prolongent leur partenariat paramétrique climatique
Assurance Pro

Generali et Descartes prolongent leur partenariat paramétrique climatique

Generali GC&C et Descartes prolongent leur partenariat en assurance paramétrique, initié en 2019, pour mieux couvrir les grandes entreprises et le secteur public face aux risques climatiques. Le point sur les chiffres du partenariat et le contexte d'une sinistralité climatique en hausse en France.

Generali GC&C et Descartes prolongent leur alliance de long terme dans l'assurance paramétrique face aux risques climatiques. L'annonce intervient alors que le coût des catastrophes naturelles s'alourdit en France et que l'Europe affiche un déficit de couverture assurantielle préoccupant. Pour les grandes entreprises et les organismes publics concernés, ce partenariat élargi promet un accès plus rapide aux indemnisations après un sinistre climatique.

Les faits

Dans un communiqué conjoint, l'unité entreprises de Generali — Global Corporate & Commercial, ou GC&C — officialise avec Descartes Underwriting la prolongation de leur collaboration. Les deux groupes travaillent ensemble depuis 2019 et entendent, avec cet accord, ancrer leur relation dans la durée plutôt que la reconduire ponctuellement.

Concrètement, chacun apporte sa spécialité : GC&C connaît le terrain de l'assurance des grandes entreprises, ses circuits de souscription et ses marchés locaux, tandis que Descartes construit des modèles pour quantifier un risque climatique à partir de données satellite, de capteurs et d'intelligence artificielle. L'objectif affiché n'est pas de remplacer une police d'assurance dommages classique, mais d'y ajouter une couverture calculée sur un indicateur mesurable (un seuil de pluviométrie, une vitesse de vent, une température) qui déclenche un versement sans expertise préalable des dégâts.

« Le renforcement de notre partenariat avec Descartes soutient notre stratégie de long terme et reflète la valeur que nous avons créée ensemble au fil des années », déclare Christian Kanu, qui dirige GC&C chez Generali, pour qui cet accord doit avant tout aider à combler le retard pris dans la couverture des catastrophes naturelles et à rendre les territoires les plus exposés plus résilients.

GC&C est la division de Generali dédiée aux moyennes et grandes entreprises ; elle est implantée dans plus de 180 pays et couvre aussi bien les dommages aux biens que la responsabilité civile ou des risques plus spécifiques. Son activité pèse lourd dans les comptes du groupe : 3,1 milliards d'euros de primes acquises en 2025.

Descartes, de son côté, est présenté par Generali comme leader mondial des solutions d'assurance et de réassurance paramétriques pour les entreprises face aux risques climatiques et émergents, un spécialiste de l'assurance et de la réassurance pour les entreprises qui collabore avec les courtiers afin de protéger leurs clients contre les risques climatiques et émergents. Grâce à sa présence mondiale, Generali précise que Descartes est actif dans plus de 60 pays, avec plus de 20 bureaux répartis en Europe, en Asie-Pacifique, en Amérique latine et en Amérique du Nord. Toujours selon Generali, Descartes a mis à disposition de ses clients plus de 15 milliards de dollars de capacité par l'intermédiaire de courtiers spécialisés, et a levé plus de 141 millions de dollars auprès d'investisseurs tels que Highland Europe, BlackFin, Serena, Cathay, Eurazeo et Battery Ventures.

« Au cours des sept dernières années, nous avons construit un partenariat prospère qui a permis à Descartes de s'imposer comme un leader mondial de l'assurance et de la réassurance paramétrique », indique Tanguy Touffut, cofondateur et CEO de Descartes, dans des propos rapportés par Generali. Pour lui, cette prolongation ouvre simplement un nouveau chapitre à une histoire commune déjà longue.

Pour Generali comme pour Descartes, ce nouvel accord est aussi un pari sur la demande : l'assurance paramétrique reste un marché de niche à l'échelle mondiale, et les deux groupes misent sur sa généralisation progressive auprès des entreprises et des collectivités publiques.

Mise en perspective

Ce renouvellement intervient dans un contexte où le coût des événements climatiques s'alourdit année après année. En France, le coût des événements naturels a atteint 5,2 milliards d'euros en 2025. Ce total s'explique notamment par un épisode de grêle exceptionnel : les 105 journées de grêle enregistrées en 2025, dont 68 avec des grêlons de plus de 2 cm, expliquent la facture de 2,2 milliards d'euros, soit la 2e année la plus coûteuse depuis le début des mesures en 1984, après 2022 (5,1 milliards d'euros). La sécheresse de l'année a par ailleurs représenté un coût total qui frôle le milliard d'euros selon CCR, tandis que au 5 mars 2026, le coût des dommages liés aux tempêtes Nils et Pedro est estimé à 1,1 milliard d'euros.

À l'échelle mondiale, pour la sixième année consécutive, les dommages assurés liés aux catastrophes climatiques ont dépassé les 100 milliards de dollars. Face à ce constat, France Assureurs rappelle, par la voix de sa présidente Florence Lustman, que « nous permettons à chacun de se projeter dans le futur, d'investir, de bâtir son avenir. L'assurance est une force stabilisatrice. »

Sur le temps long, France Assureurs anticipe une hausse structurelle de la sinistralité climatique : le montant des sinistres dus aux événements naturels pourrait doubler entre 2020 et 2050 par rapport à la période 1989-2019, pour passer de 73,4 milliards à 143 milliards d'euros. Or cette trajectoire est déjà dépassée : sur la période 2020-2023, le coût des sinistres climatiques pour les assureurs est déjà supérieur de 18 % à nos projections établies en 2021 à l'horizon 2050, ce qui interroge la soutenabilité à long terme des dispositifs assurantiels face à la sinistralité climatique.

Cette dynamique n'est pas propre à la France : l'EIOPA, l'autorité européenne de supervision des assurances, alerte régulièrement sur l'ampleur de l'écart entre les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles et leur couverture assurantielle effective à l'échelle du continent. Ce déficit de couverture, ou écart d'assurabilité climatique, touche aussi bien les ménages que l'ensemble de la cartographie des risques assurés en Europe.

Ce que ça change pour vous

Ce partenariat s'adresse en priorité aux grandes entreprises et aux acteurs du secteur public confrontés à des risques climatiques croissants, et non aux particuliers, qui restent couverts par les mécanismes classiques d'assurance habitation et le régime catastrophes naturelles. Pour un risk manager ou une direction des assurances de grand groupe, l'intérêt de l'assurance paramétrique tient à sa mécanique : elle repose sur des déclencheurs prédéfinis, mesurés par satellite ou capteur, qui permettent, selon Generali, davantage de transparence ainsi qu'un accès plus rapide aux fonds après un sinistre, en complément — et non en remplacement — des programmes d'assurance traditionnels.

Ces solutions viennent notamment épauler la gestion des risques climatiques par les grandes entreprises et peuvent compléter les dispositifs mis en place pour les collectivités et bailleurs face aux sinistres climatiques. Pour un directeur des assurances, l'enjeu est aussi de mieux articuler ces couvertures avec les mécanismes traditionnels, alors que l'écart entre pertes économiques et pertes assurées continue de se creuser en Europe.

Perspectives

En misant sur la donnée en temps réel et l'intelligence artificielle, Generali et Descartes visent à consolider leur position sur un marché de l'assurance paramétrique en forte croissance, porté par l'aggravation documentée de la sinistralité climatique en France comme en Europe. Reste que ce renouvellement ne dévoile ni la durée ni les conditions tarifaires du nouvel accord : les deux partenaires se limitent, dans leur communiqué conjoint, à afficher une ambition de long terme et une volonté de réduire le déficit de protection face aux catastrophes naturelles.

Le succès de cette alliance élargie se mesurera dans les prochains mois à l'aune de sa capacité à accompagner davantage d'entreprises et d'acteurs publics exposés aux épisodes de catastrophe naturelle reconnus par arrêté ministériel, dans un contexte où le déficit de protection climatique reste, selon l'EIOPA comme selon France Assureurs, un défi structurel pour l'ensemble du secteur.

FAQ

Depuis quand Generali et Descartes collaborent-ils en assurance paramétrique ?

Generali GC&C et Descartes travaillent ensemble depuis 2019 ; les deux groupes viennent de prolonger cet accord pour continuer à se développer conjointement sur le marché de l'assurance paramétrique.

Qu'est-ce que l'assurance paramétrique face aux risques climatiques ?

Elle consiste à choisir un indicateur mesurable — une hauteur de pluie, une vitesse de vent, un niveau de température — et à déclencher automatiquement une indemnisation dès que ce seuil est dépassé, sans attendre l'expertise habituelle des dégâts. Elle vient s'ajouter à une police d'assurance dommages classique, elle ne la remplace pas.

Ce partenariat concerne-t-il les particuliers ?

Non : cet accord entre Generali GC&C et Descartes cible les grandes entreprises et les organismes publics confrontés à des risques climatiques, pas les contrats d'assurance habitation ou automobile des particuliers.

Sources officielles