Illustration : Bénévolat associatif : la MAIF alerte sur un secteur fragilisé
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Bénévolat associatif : la MAIF alerte sur un secteur fragilisé

Premier assureur du secteur associatif, la MAIF alerte sur l'érosion du bénévolat senior et le manque de financements stables des associations françaises, tout en mettant en avant ses propres dispositifs d'accompagnement.

La MAIF publie un article corporate intitulé « Nos associations, un trésor menacé ? », dans lequel l'assureur dresse le constat d'un bénévolat associatif fragilisé par le vieillissement de ses forces vives et le manque de financements stables. L'occasion de faire le point sur ce que vivent réellement les associations françaises aujourd'hui, sur ce que disent les études officielles du secteur, et sur les leviers concrets — notamment assurantiels — pour tenir la barre.

Les faits

Premier assureur du secteur associatif, la MAIF publie un état des lieux récent sur son site entreprise, dans lequel elle rappelle l'ampleur du tissu associatif français. Selon la MAIF, « la France compte 1,4 million d'associations, près de 20 millions de bénévoles ». L'assureur souligne également le poids économique de ce secteur : la MAIF indique que les associations emploient près de deux millions de personnes, un volume d'emplois souvent sous-estimé par le grand public.

Mais c'est surtout la structure démographique de l'engagement qui inquiète la MAIF. L'assureur constate un vieillissement préoccupant des forces bénévoles : 24 % de bénévoles recensés parmi les plus de 60 ans en 2025, contre 38 % en 2010. Cette bascule fragilise la continuité de nombreuses structures, historiquement portées par des retraités disponibles. À l'inverse, la MAIF relève un frémissement du côté des plus jeunes : « trois jeunes sur dix se mobilisent régulièrement » (baromètre État d'esprit et engagement des jeunes en 2025). Sur la tendance globale, la MAIF rappelle enfin que, selon le baromètre France Bénévolat / Ifop 2025, environ un quart des Français s'engagent chaque année.

Il faut toutefois noter que ces chiffres, mis en avant par la MAIF, ne recoupent pas exactement ceux mesurés par l'étude officielle du secteur : là où la MAIF évoque près de 20 millions de bénévoles, l'étude La France bénévole 2026 du ministère chargé de la vie associative retient un engagement associatif de 13 à 13,5 millions de personnes en 2026. Les deux mesures ne portent pas sur exactement le même périmètre et ne doivent pas être additionnées ni comparées comme s'il s'agissait d'un seul et même indicateur — c'est précisément ce que documente la section suivante.

Mise en perspective

Que disent les données officielles du secteur associatif ? Publiée par le ministère chargé de la vie associative, l'étude « La France bénévole 2026 » établit que 25 % des Français s'engagent bénévolement dans une association. Ramené en effectifs, cela représente, en 2026, entre 13 et 13,5 millions de personnes, soit un Français sur quatre. L'étude précise qu'il s'agit d'une proportion en légère hausse depuis 2010 (23 %), un signal plutôt encourageant sur le temps long. Parmi ces bénévoles, l'engagement n'est pas ponctuel : 10 millions donnent de leur temps régulièrement, au moins une fois par mois.

Le dynamisme du secteur se lit aussi dans les créations de structures. D'après l'étude « La France associative en mouvement 2025 », avec plus de 74 000 nouvelles associations créées entre juillet 2024 et juin 2025, la France retrouve l'un des niveaux les plus élevés jamais enregistrés depuis 2015. Sur le plan humain, la même étude confirme que le secteur compte « près de 13 millions de bénévoles dont 5,5 millions s'impliquent chaque semaine », formant la colonne vertébrale du monde associatif. Côté emploi salarié, le secteur associatif confirme son poids économique et social avec 1,9 million de salariés, et une masse salariale de 51 milliards d'euros — un poids comparable à celui de branches économiques entières.

Ce que montrent ces deux études officielles, c'est un secteur associatif qui reste dynamique en apparence (créations record, engagement en légère hausse depuis 2010) mais dont l'équilibre repose sur une minorité de bénévoles très impliqués — 5,5 millions d'engagés hebdomadaires sur près de 13 millions au total. C'est cette tension entre façade dynamique et noyau fragile que pointe également la MAIF depuis sa propre observation du terrain.

Ce que ça change pour vous

Pour un dirigeant associatif, un trésorier bénévole ou un responsable de section locale, ce diagnostic n'a rien d'abstrait. Le vieillissement des bénévoles réguliers signifie souvent qu'une poignée de personnes cumule les responsabilités : présidence, comptabilité, encadrement des activités, et parfois la gestion des risques. Or une association qui organise des événements, encadre des mineurs, emploie du personnel ou loue un local engage sa responsabilité civile au même titre qu'une entreprise. Beaucoup de bénévoles découvrent ce risque au moment où il se matérialise, un peu comme le vivent certains indépendants qui ignorent ce qu'ils risquent en exerçant sans RC Pro.

La question de la couverture assurantielle des associations rejoint d'ailleurs des problématiques bien connues des professionnels indépendants et des petites structures : comment choisir une garantie adaptée sans surpayer, et où trouver un comparatif fiable ? Sur ce terrain, certains lecteurs se tournent vers un avis détaillé sur une offre de RC Pro pensée pour les indépendants et freelances, une lecture qui garde son intérêt pour un dirigeant associatif cherchant des repères sur le marché de l'assurance professionnelle.

L'autre enjeu, plus silencieux, touche à l'épuisement des bénévoles et dirigeants qui portent seuls une structure vieillissante. La charge mentale liée au cumul des rôles — animation, gestion administrative, recherche de financements — n'est pas sans rappeler ce que documentent les baromètres sur la santé mentale des dirigeants de TPE-PME et l'intérêt d'une prévoyance adaptée. Enfin, dans un contexte où les structures associatives peuvent aussi être exposées à des événements exceptionnels lors de leurs manifestations ou déplacements, il est utile de connaître ce que couvre concrètement une assurance professionnelle face aux risques exceptionnels.

Concrètement, sécuriser une association passe par trois réflexes simples : vérifier que la responsabilité civile couvre bien les activités réellement exercées (et pas seulement celles inscrites aux statuts d'origine), formaliser la gestion administrative pour ne pas dépendre d'une seule personne, et anticiper le financement des projets plutôt que de le découvrir en cours d'année. Ce sont précisément les trois manques que la MAIF dit vouloir combler à travers ses propres dispositifs.

Perspectives

Face à ces constats, la MAIF met en avant plusieurs outils destinés aux associations, en particulier ses sociétaires. Sur le volet de la gestion administrative, la MAIF rappelle qu'« avec AssoConnect, nous avons créé Mon Asso Facile, depuis 2019 » : un logiciel pour la gestion administrative qui permet de collecter des paiements, d'organiser sa base de membres et de communiquer auprès d'eux, de tenir sa comptabilité, et même de créer son site internet. La MAIF précise par ailleurs que ses sociétaires MAIF ont accès aux fonctionnalités payantes avec 20 % de réduction sur le service d'AssoConnect.

Sur le volet montée en compétences, la MAIF met en avant EVA : EVA (E-learning Vie Associative) est une plateforme gratuite qui propose des modules courts pour se former à la gestion d'une association et ses différentes missions vitales. En complément, pour les questions juridiques et sociales du quotidien associatif, la MAIF indique que des « fiches pratiques sont à votre disposition sur notre site maif.fr » pour aborder les questions juridiques et sociales liées au fonctionnement associatif.

Enfin, sur le volet financement — l'un des points de tension identifiés en ouverture —, la MAIF annonce deux échéances à surveiller pour les associations en recherche de mécénat. D'une part, un Appel à projets Mécénat national du Fonds MAIF pour l'éducation. Prochaine ouverture en septembre 2026. D'autre part, un Appel à projets du Fonds MAIF pour le vivant. Prochain lancement fin septembre 2026, destiné aux projets liés à la biodiversité. Des dispositifs qui, sans résoudre à eux seuls la question structurelle du renouvellement des bénévoles, offrent aux associations des relais concrets de gestion, de formation et de financement.

Questions fréquentes

Il n'y a pas de recul global mesuré par les études officielles : l'engagement associatif est en légère hausse depuis 2010. En revanche, la structure de cet engagement se fragilise, avec un vieillissement marqué des bénévoles les plus impliqués, ce qui inquiète aussi bien les acteurs du secteur que les assureurs qui l'accompagnent.

Les méthodologies et les périmètres diffèrent selon les organismes qui mesurent l'engagement associatif : certains comptent toute forme de participation ponctuelle, d'autres se concentrent sur l'engagement régulier et déclaré. Il ne faut donc jamais additionner ou comparer directement deux séries de chiffres issues d'enquêtes différentes sans vérifier leur méthodologie.

Dès qu'une association organise des événements, encadre du public ou emploie des salariés, elle engage sa responsabilité au même titre qu'une structure professionnelle. Il est recommandé de vérifier régulièrement que le contrat souscrit couvre bien l'ensemble des activités réellement exercées, et pas seulement celles prévues au moment de la création des statuts.

Sources officielles