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Mutuelle Sante

Déserts médicaux, renoncement aux soins : la Mutualité Française s’exprime

La Mutualité Française dresse un état des lieux de l’accès aux soins, alors qu'un débat budgétaire sur le financement de la Sécurité sociale se poursuit. Elle appelle aussi à une meilleure coopération dans les territoires pour lutter contre les déserts médicaux.

La Mutualité Française a profité de sa Rentrée sociale pour dresser un état des lieux de l’accès aux soins en France et avancer des pistes de coopération territoriale, dans un contexte de débat budgétaire sur le financement de la Sécurité sociale. Voici ce qu’il faut retenir de ces annonces pour les adhérents à une mutuelle santé.

Les faits

La Rentrée sociale de la Mutualité Française est l’occasion de dresser un état des lieux de l’accès aux soins et d’ouvrir des pistes de coopération dans les territoires, en présence de représentants d’associations d’élus et de la fédération des mutuelles.

Carole Hazé, présidente de la fédération des Mutuelles de France, et Christophe Bouillon, président de l’Association des petites villes de France, ont fait ces recommandations lors de la Rentrée sociale de la Mutualité Française, le 23 septembre 2026. Cette rencontre, organisée par la Mutualité Française, a porté sur l’accès aux soins et sur les moyens de mieux coopérer dans les territoires.

Le phénomène des déserts médicaux touche 87% du territoire, indique le Carnet de santé de la France publié le 23 septembre 2026 par la Mutualité Française à l’occasion de sa Rentrée sociale. La Mutualité Française rapporte par ailleurs que « Trois Français sur quatre déclarent avoir renoncé à des soins de santé au cours des douze derniers mois ».

Une enquête Odoxa citée par la Mutualité Française — l’enquête Odoxa menée auprès de 3 000 personnes — avance comme principales causes de ce renoncement la difficulté à trouver un soignant qui accepte de nouveaux patients, délai d’obtention d’un rendez-vous, raisons financières ou éloignement du professionnel de santé.

Le Carnet de santé de la France détaille ce constat sous un autre angle : 82 % des Français ont eu des difficultés à obtenir un rendez-vous chez un spécialiste et 37 % chez un généraliste, indique la quatrième édition publiée le 23 septembre 2026. 77 % ont renoncé à des soins au cours de l'année écoulée, faute de professionnel disponible (67 %) ou en raison du coût (40 %), précise la même étude. Elle relève aussi que 11,5 % des assurés sociaux n'ont pas de médecin traitant et 4,3% parmi les patients en affection de longue durée, et que 87 % du territoire est considéré comme un désert médical.

Mise en perspective

Le débat budgétaire sur le financement de la Sécurité sociale intéresse aussi les complémentaires santé, potentiellement concernées par de nouveaux transferts de charges.

Sandrine Runel, députée du Rhône et membre du Haut Conseil du financement de la protection sociale, s’est notamment exprimée sur les problématiques financières, en particulier dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Membre de la Commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale, elle espère que le PLFSS 2027 ne sera pas « une année blanche ».

Sandrine Runel a pris position sur un point précis du débat budgétaire : Elle exprime son opposition aux transferts de charges d’1,5 milliard d’euros de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé et s’inquiète de certaines annonces du Gouvernement, par exemple sur les indemnités journalières. Voir aussi : les décrets relevant les tickets modérateurs.

« L’allongement du délai de carence (3 jours actuellement pour obtenir des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie) serait à l’étude », rapporte la Mutualité Française. Le délai de carence correspond à la période qui suit un arrêt de travail pendant laquelle aucune indemnité journalière n’est versée par l’Assurance maladie. Elle rappelle que Sébastien Lecornu, Premier ministre, indiquait fin août qu’il voulait réformer les arrêts maladie.

Ce que ça change pour vous

En France, les dépenses de santé sont remboursées pour partie par l’Assurance maladie, le reste restant à la charge de l’assuré ou pris en charge par sa complémentaire santé (mutuelle, institution de prévoyance ou assureur). Un transfert de charges de l’une vers l’autre a donc un effet direct sur le budget des organismes complémentaires, et potentiellement sur les cotisations demandées aux adhérents.

Pour un adhérent à une mutuelle ou à une complémentaire santé, ces annonces méritent d’être suivies de près. Si une partie des dépenses de santé aujourd’hui prises en charge par l’Assurance maladie devait basculer vers les organismes complémentaires, cela pourrait se traduire par une évolution des garanties ou des cotisations. Voir aussi : le chiffrage des transferts vers les complémentaires santé.

Face à ces constats, plusieurs pistes de coopération territoriale ont été présentées lors de la Rentrée sociale pour améliorer l’accès aux soins. Voir aussi : la mobilisation des mutuelles.

En pratique, relisez les garanties de votre contrat de complémentaire santé et rapprochez-vous de votre mutuelle en cas de doute sur la prise en charge d’un soin. Interrogez votre conseiller sur les évolutions à venir de votre contrat. Sans préjuger du contenu définitif du texte budgétaire, mieux vaut anticiper : comparez les garanties de votre contrat actuel avec d’autres offres et vérifiez en particulier les postes les plus exposés aux dépassements d’honoraires, aux soins dentaires et à l’optique.

Le renoncement aux soins pour des raisons de délai ou de coût peut aussi peser sur le suivi médical dans la durée. Il est conseillé de ne pas repousser un rendez-vous médical et de solliciter, si besoin, un accompagnement auprès de sa mutuelle pour identifier un professionnel de santé disponible.

Perspectives

Le débat sur le PLFSS 2027 devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, notamment sur le volet des transferts de charges vers les complémentaires santé et sur la question du délai de carence. Voir aussi : les dépassements d’honoraires et l’accès aux soins.

La coopération territoriale devrait rester une piste mise en avant pour réduire les déserts médicaux, portée notamment par Carole Hazé, présidente de la fédération des Mutuelles de France, et Christophe Bouillon, président de l’Association des petites villes de France. Les débats parlementaires porteront notamment sur le PLFSS 2027, avant son adoption définitive, et permettront d’arbitrer entre les pistes évoquées lors de la Rentrée sociale, qu’il s’agisse des transferts de charges vers les complémentaires santé ou de l’évolution du délai de carence.

Sur le terrain, la coopération entre professionnels de santé, collectivités locales et mutuelles pourrait se traduire par de nouveaux dispositifs d’accès aux soins dans les zones les plus concernées par les déserts médicaux.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un désert médical selon la Mutualité Française ?

La Mutualité Française indique que « Le phénomène des déserts médicaux touche 87% du territoire ».

Combien de Français déclarent avoir renoncé à des soins récemment ?

La Mutualité Française rapporte que « Trois Français sur quatre déclarent avoir renoncé à des soins de santé au cours des douze derniers mois ».

Le prochain budget de la Sécurité sociale va-t-il transférer des charges vers les mutuelles ?

La députée Sandrine Runel s’est exprimée sur ce point : Elle exprime son opposition aux transferts de charges d’1,5 milliard d’euros de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé et s’inquiète de certaines annonces du Gouvernement, par exemple sur les indemnités journalières.

Sources officielles