Illustration : Dépenses de santé : ce que paient vraiment Sécu et mutuelles
Mutuelle Sante

Dépenses de santé : ce que paient vraiment Sécu et mutuelles

Le Panorama annuel des dépenses de santé, publié par la DREES, détaille comment se répartit le financement du système de soins français entre Sécurité sociale, complémentaires santé et ménages, poste par poste, et situe la France parmi ses voisins européens.

Le Panorama annuel des dépenses de santé, publié par la DREES, détaille comment se répartit le financement du système de soins français entre Sécurité sociale, complémentaires santé et ménages, poste par poste, et situe la France parmi ses voisins européens. Ce document de référence, suivi chaque année par les professionnels de l'assurance santé, permet de comprendre quels postes de soins pèsent le plus lourd sur le budget des ménages et quel rôle y jouent réellement les mutuelles.

Les faits

Chaque édition de ce panorama offre la photographie la plus complète du financement des soins en France, tous postes confondus, qu'il s'agisse de l'hôpital, de la médecine de ville, des médicaments ou des dispositifs médicaux. Selon le Panorama de la DREES, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) s’élève à 353,2 milliards d’euros. La DREES précise : Elle progresse de 3,3 % sur un an après +3,5 % en 2024. Conséquence directe, selon la DREES : le poids des dépenses de santé dans le PIB augmente de 11,7 % à 11,8 %.

La DREES précise par ailleurs : la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) atteint 256,5 milliards d’euros en 2025, principal agrégat de cette dépense. Elle ajoute : Les soins hospitaliers représentent plus du tiers de la DCSi soit 124,1 milliards d’euros ; ils progressent de 2,8 % en 2025. Pour les établissements publics, la DREES précise : La consommation des soins hospitaliers publics progresse de 2,4 % en volume, et retrouve son niveau de 2019.

La DREES indique par ailleurs : Les soins ambulatoires représentent un peu plus d’un cinquième de la DCSi. Elle observe que l’imagerie médicale (+ 4,7 %) et les activités de laboratoire sont très dynamiques (+8,9 %). Du côté des biens médicaux, la DREES relève : Les dépenses de biens médicaux s’établissent à 56,9 milliards d’euros, dont 34,9 milliards d’euros de médicaments. Sur ce poste, elle précise : La consommation de médicaments en particulier ralentit (+1,3 %), du fait notamment de l’accroissement des remises pharmaceutiques, mais les volumes restent soutenus (+3,7 %).

Côté prix, la DREES relève que les prix de la CSBM augmentent de 0,7 %, soit légèrement moins que l’inflation totale (0,9 %). Elle signale par ailleurs, sur le seul segment des soins courants de ville, une accélération portée par la hausse des tarifs des consultations des médecins généralistes, passés de 26,50 à 30 euros en décembre 2024.

Mise en perspective

Qui paie cette facture ? Selon la DREES : La part financée par les administrations publiques (Sécurité sociale et administrations publiques centrales et locales) se maintient à 77,4 %. Elle ajoute : Les organismes complémentaires financent 12,3 % de la DCSi. Ce taux de prise en charge publique varie toutefois fortement selon les postes : la DREES précise : Il est très élevé pour les soins hospitaliers (94 % en 2025), mais inférieur à 50 % en optique et pour les audioprothèses. C’est précisément sur ces derniers postes que le rôle des mutuelles et des assureurs devient déterminant, dans la mesure où l'Assurance maladie n'y intervient qu'à titre partiel et laisse une place structurelle à la complémentaire santé.

Dans le détail, la DREES indique que les organismes complémentaires prennent plus particulièrement en charge l’optique médicale (à 69 % en 2025), les audioprothèses (à 48 %), ainsi que les soins et prothèses dentaires (à 46 %). Au-delà du remboursement des soins, la DREES souligne : Ils représentent par ailleurs 52 % des frais de gestion du système de santé, une charge administrative souvent peu visible pour l’assuré.

À l’échelle européenne, le Panorama de la DREES souligne : La DCSi augmente moins en France que dans l’ensemble de l’Union européenne (+5,9 %). Sur le reste à charge, la DREES précise : Le reste à charge s’établit en moyenne dans l’Union européenne à 14,8 % de la DCSi. Elle ajoute : La France se situe parmi les pays avec le plus faible reste à charge de l’Union européenne, derrière le Luxembourg et la Croatie.

Ce que ça change pour vous

Au bout de la chaîne, la DREES indique que le reste à charge des ménages s’établit en 2025 à 495 euros par habitant. Elle précise : Le RAC est principalement constitué de dépenses de soins de longue durée (207 euros), de biens médicaux (67 euros de dépenses de médicaments et 52 euros de dépenses de dispositifs médicaux) et de soins courants en ville (112 euros). Exprimée en proportion de la dépense totale, la DREES ajoute : La part des dépenses financée par les ménages recule un peu en 2025, à 9,7 %, après 9,8 % en 2024.

Pour un assuré, ces masses se traduisent très concrètement par le niveau de remboursement que propose sa complémentaire santé sur les postes les moins bien couverts par l'Assurance maladie, en particulier l'optique, le dentaire et les audioprothèses. Avant de renouveler ou de changer de mutuelle, il est utile de relire attentivement les plafonds de remboursement prévus sur ces postes et de comparer les garanties proposées sur les lunettes, les prothèses auditives et les soins dentaires, souvent les plus consommés par les familles et les retraités.

Il peut également être pertinent de demander un devis détaillé avant une dépense importante, qu'il s'agisse d'un appareillage auditif, de soins dentaires ou de lunettes, afin de connaître à l'avance le reste à charge réel une fois intervenue la part de l'Assurance maladie puis celle de la complémentaire. En cas de doute sur une garantie déjà souscrite, le plus simple reste de contacter directement son assureur ou sa mutuelle pour obtenir le détail exact de sa couverture sur ces postes.

Plus largement, cette répartition entre Sécurité sociale, complémentaires et ménages invite à revoir régulièrement son contrat de mutuelle, et pas seulement au moment de la souscription. Les besoins évoluent avec l'âge et la situation familiale : une garantie optique ou dentaire adaptée à un jeune actif ne sera pas forcément suffisante quelques années plus tard, lorsque les besoins en audioprothèses ou en soins dentaires plus lourds apparaissent. Comparer périodiquement plusieurs offres, en particulier sur les postes où l'Assurance maladie rembourse le moins, reste le réflexe le plus simple pour éviter les mauvaises surprises au moment de la dépense.

Perspectives

Pour aller plus loin, retrouvez notre analyse des nouveaux transferts de charges annoncés vers les complémentaires santé, ainsi que notre décryptage des décrets d'application de ces transferts de charges. Sur le volet remboursements, voir aussi notre article consacré à la revalorisation récente des franchises médicales.

Si votre budget santé est contraint, vérifiez votre éligibilité à la Complémentaire Santé Solidaire, une aide dédiée aux foyers modestes. Pour comparer les offres et mieux comprendre les garanties des contrats, consultez notre rubrique dédiée à la mutuelle santé.

Ces différentes évolutions, qu'il s'agisse des transferts de charges vers les complémentaires ou des ajustements de franchises, dessinent une tendance de fond : une partie croissante des arbitrages financiers du système de santé se joue désormais au niveau du contrat de mutuelle, et non plus seulement à celui de la Sécurité sociale. Suivre ces annonces réglementaires, au même titre que les chiffres publiés chaque année par la DREES, aide à anticiper l'évolution de son reste à charge plutôt que de la subir.

Questions fréquentes

Qui finance les dépenses de santé en France ?

Selon la DREES : La part financée par les administrations publiques (Sécurité sociale et administrations publiques centrales et locales) se maintient à 77,4 %. Elle ajoute : Les organismes complémentaires financent 12,3 % de la DCSi.

Quels postes de dépense les mutuelles prennent-elles le plus en charge ?

La DREES indique que les organismes complémentaires prennent plus particulièrement en charge l’optique médicale (à 69 % en 2025), les audioprothèses (à 48 %), ainsi que les soins et prothèses dentaires (à 46 %).

Combien reste-t-il à la charge des ménages en moyenne ?

D’après la DREES, le reste à charge des ménages s’établit en 2025 à 495 euros par habitant, un niveau qui place la France, selon la DREES, parmi les pays avec le plus faible reste à charge de l’Union européenne, derrière le Luxembourg et la Croatie.

Sources officielles