Illustration : Emploi des seniors en 2025 : ce que change la réforme des retraites
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Emploi des seniors en 2025 : ce que change la réforme des retraites

En 2025, le taux d'emploi des seniors poursuit sa progression sous l'effet de la réforme des retraites. Explications et repères pratiques pour les actifs en fin de carrière.

Chaque année, les données sur l'emploi des seniors en France sont scrutées avec attention par les acteurs de la protection sociale, tant elles reflètent les effets combinés du vieillissement de la population active et des évolutions réglementaires récentes en matière de retraite. Ces dernières semaines, plusieurs organismes se sont penchés sur la situation professionnelle des actifs approchant de l'âge de la retraite, dans un contexte marqué par la réforme des retraites récemment mise en œuvre. Klesia, groupe de protection sociale, a relayé une synthèse de ces tendances, permettant d'éclairer les actifs et les entreprises sur l'évolution du marché du travail des seniors. Cet article fait le point sur ce que ces chiffres signifient concrètement pour les actifs proches de la retraite et pour leur couverture prévoyance.

Ce que révèlent les derniers chiffres

Selon les chiffres relayés par Klesia, qui reprend les résultats d'une étude portant sur la situation des seniors sur le marché du travail, 61,7 % des personnes âgées de 55 à 64 ans occupent un emploi, soit une progression de 1,3 point en un an en 2025. Klesia précise également que le taux d'activité des seniors atteint 65,2 %, son plus haut niveau depuis le début des séries statistiques en 1975, un indicateur qui mesure à la fois les personnes en emploi et celles qui recherchent activement un poste.

Ce niveau global masque des écarts importants selon la tranche d'âge considérée, comme le montre le tableau ci-dessous, construit à partir des chiffres relayés par Klesia :

Tranche d'âgeTaux d'emploi en 2025 (selon Klesia)
55-59 anscelui des 55-59 ans s'élève à 78,8 % (Klesia)
60-64 ansLe taux d'emploi des 60-64 ans atteint 44,4 % en 2025, soit une hausse de 8,2 points en trois ans (Klesia)
Ensemble 55-64 ans61,7 % des personnes âgées de 55 à 64 ans occupent un emploi (Klesia)

Klesia rappelle que ce mouvement s'inscrit dans une tendance de longue durée : Depuis 2000, le taux d'emploi des 55-64 ans a ainsi gagné plus de 30 points, sous l'effet de plusieurs réformes successives des retraites intervenues au fil des dernières décennies.

Pourquoi cette progression : le rôle de la réforme des retraites

Cette progression n'est pas un hasard statistique : elle coïncide avec l'entrée en application du relèvement de l'âge légal engagé en 2023, qui a modifié en profondeur les règles de départ. Comme le rappelle le site service-public.fr, Depuis le 1er septembre 2023, il est porté à 62 ans et 3 mois pour les personnes nées entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1961, et il augmente d'un trimestre par année de naissance. Il sera donc de 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1968. Avant cette réforme, la règle était différente : L'âge de départ à la retraite était auparavant à 62 ans pour les assurés soumis à la règle commune.

L'Insee établit un lien direct entre cette dynamique et la réforme : la hausse du taux d'emploi des seniors intervient sous l'effet principalement de la mise en œuvre de la réforme des retraites de 2023. Un constat également partagé par Klesia, qui relève que cette évolution est largement liée à la réforme des retraites de 2023.

Cet effet mécanique se vérifie génération par génération. Klesia observe : À 62 ans, celui des personnes nées en 1963 dépasse ainsi de 14 points celui des personnes nées en 1961, ce qui illustre l'ampleur du changement de comportement d'activité provoqué par le report progressif de l'âge légal.

💡 Bon à savoir

Le report de l'âge légal ne s'applique pas de la même façon à toutes les générations : il dépend de l'année et, pour certaines générations charnières, du trimestre de naissance. En cas de doute sur votre propre calendrier, votre caisse de retraite reste l'interlocuteur le plus fiable.

Ce que dit l'Insee sur l'évolution récente

Ces chiffres de niveau, relayés par Klesia sur le périmètre des 55-64 ans, se distinguent des données publiées directement par l'Insee, qui mesure quant à elle l'évolution annuelle du taux d'emploi sur un périmètre légèrement différent, celui des 50-64 ans. Selon l'Insee, Le taux d'emploi des seniors, en hausse ininterrompue depuis 2009, continue de nettement augmenter en 2025 : +0,9 point pour les 50‑64 ans sur un an. L'écart est encore plus marqué sur la tranche la plus proche de l'âge de la retraite : Le taux d'emploi des seuls 60‑64 ans progresse de 2,0 points sur l'année.

Il convient de ne pas confondre ces deux séries de données. Les chiffres de l'Insee portent sur une évolution annuelle, exprimée en points, et sur un périmètre de 50 à 64 ans. Les niveaux 2025 relayés par Klesia portent, eux, sur une photographie à un instant donné et sur un périmètre de 55 à 64 ans. Les deux séries convergent vers le même constat général — une progression continue de l'emploi des seniors — mais elles ne mesurent ni tout à fait la même population, ni tout à fait la même chose.

Ce que ça change pour vous si vous approchez de la retraite

Au-delà des statistiques nationales, cette progression du taux d'emploi des seniors a des implications concrètes pour les actifs qui approchent de l'âge de la retraite. Klesia souligne notamment que la situation varie fortement selon le niveau de qualification : Entre 60 et 64 ans, 61 % des titulaires d'un diplôme supérieur à bac+2 sont en emploi, contre 33 % des titulaires d'un CAP ou d'un BEP. Cet écart illustre que l'allongement de la vie professionnelle ne se vit pas de la même façon selon les métiers et les parcours, en particulier pour les postes physiquement exigeants.

💡 Conseil

Si vous approchez de l'âge de la retraite, plusieurs réflexes permettent d'anticiper sereinement cette période : vérifier régulièrement son relevé de carrière auprès de sa caisse de retraite pour s'assurer qu'aucun trimestre n'est manquant, se renseigner sur le dispositif de retraite progressive si l'activité devient plus difficile à tenir à temps plein, et faire le point avec son employeur ou son service RH sur les aménagements de poste envisageables en fin de carrière. Ces démarches sont d'autant plus utiles que l'âge légal continue d'évoluer selon l'année de naissance.

Cet allongement de la vie active renforce aussi l'intérêt d'anticiper sa protection sociale sur la durée. La couverture de prévoyance collective proposée par les branches professionnelles joue un rôle important pour sécuriser les dernières années de carrière, notamment en cas d'arrêt de travail prolongé. Du côté de l'épargne, la dynamique des cotisations retraite montre que de plus en plus d'actifs cherchent à compléter leurs futurs revenus par une épargne dédiée. Pour les futurs retraités, il est aussi utile de suivre l'évolution du niveau de vie au moment du départ à la retraite, qui apporte un éclairage complémentaire sur les conséquences financières de ces choix de fin de carrière. Les parents concernés par un changement de situation familiale peuvent par ailleurs consulter notre article sur les récents décrets modifiant le calcul de la retraite des parents. Pour un panorama complet des solutions d'épargne et de protection disponibles en fin de carrière, notre page dédiée à l'assurance vie et à la prévoyance régroupe l'ensemble de nos ressources sur le sujet.

Questions fréquentes

Depuis la réforme entrée en vigueur en septembre 2023, l'âge légal de départ à la retraite augmente progressivement selon l'année de naissance, jusqu'à atteindre son niveau cible pour les générations nées à partir de 1968. Le calendrier précis dépend de l'année, et pour certaines générations charnières, du trimestre de naissance.

L'Insee et Klesia pointent tous deux le même moteur : le report de l'âge légal de départ, qui allonge mécaniquement la durée d'activité de nombreux actifs, en particulier ceux qui approchent de la fin de carrière.

Non. Klesia observe un écart marqué selon le niveau de qualification : les actifs les plus diplômés restent en emploi nettement plus souvent en fin de carrière que les titulaires de diplômes de niveau CAP ou BEP, ce qui reflète en partie la pénibilité différente des postes occupés.

Les chiffres présentés dans cet article proviennent d'une étude sur les seniors et le marché du travail, relayée par Klesia, groupe de protection sociale. Klesia agit ici comme relais qui commente et diffuse ces données auprès de son réseau, ce qui permet d'objectiver la tendance observée.

Il est recommandé de vérifier son relevé de carrière auprès de sa caisse de retraite, de se renseigner sur les dispositifs de retraite progressive, et d'échanger avec son employeur sur les éventuels aménagements de poste en fin de carrière, notamment pour les métiers les plus physiques.

La retraite progressive permet, sous conditions, de réduire son temps de travail en fin de carrière tout en percevant une partie de sa pension de retraite. Elle constitue l'un des dispositifs à connaître pour les actifs qui souhaitent aménager la dernière ligne droite avant leur départ.

Sources officielles