L'Autorité des marchés financiers vient de tirer la sonnette d'alarme sur un nouveau type d'arnaque en ligne : de faux articles de presse, imitant l'apparence de sites d'information reconnus, vantent une plateforme de trading soi-disant pilotée par l'intelligence artificielle. Voici comment ce mécanisme fonctionne et les réflexes concrets à adopter pour ne pas tomber dans le piège.
Les faits
Dans un communiqué intitulé L'AMF appelle l'attention des épargnants sur la multiplication des arnaques prenant la forme de faux articles de presse vantant les mérites de pseudo bons plans pour s'enrichir, l'autorité de régulation financière détaille un stratagème qui gagne du terrain sur internet. Des sites frauduleux se font passer pour des médias d'information en reprenant l'identité visuelle des sites de médias français connus, une technique qui abuse la confiance des internautes en donnant une apparence de sérieux journalistique à un contenu entièrement fabriqué. Consultez le communiqué diffusé par l'AMF sur ce phénomène pour en mesurer l'ampleur.
Au cœur du scénario, ces faux articles mettent en scène des personnalités françaises, dont l'image est détournée sans consentement afin de promouvoir les avantages d'une plateforme de trading frauduleuse, BitKeltTrade. Présentée comme une martingale technologique, cette plateforme est vendue via une plateforme de trading dénommée BitKeltTrade, qui s'appuierait sur l'intelligence artificielle censée générer des gains automatiques. Un habillage moderne qui joue sur l'engouement autour de l'IA pour rassurer les épargnants les moins aguerris.
Sur le plan réglementaire, le constat de l'AMF est sans appel : « la plateforme BitKeltTrade ne fait aujourd'hui l'objet d'aucune autorisation au sein de l'Union européenne ». Plus grave encore, l'AMF a inscrit sur liste noire le site Bitkelttrade.com, ce qui signifie que tout versement effectué auprès de cet acteur s'opère en dehors de toute protection réglementaire. Le communiqué va jusqu'à révéler que l'un d'entre eux évoque même un pseudo programme gouvernemental qui serait supervisé ou administré par l'AMF — une usurpation directe du nom du régulateur destinée à désarmer la méfiance des victimes potentielles.
Pour donner à ses lecteurs les moyens d'identifier ces pièges, l'AMF recense une liste de faux sites repérés à ce jour : Parmi les faux sites d'information, l'AMF a notamment identifié les adresses suivantes : thryva.cyou, pyrix.cyou, sylith.cyou, vexara.cyou, kaelixithvenixara.cyou, velith.cyou, synithixaraithven.cyou, zentha.cyou et kaelva.cyou. Toutes partagent la même extension .cyou, un indice technique qui peut à lui seul éveiller la suspicion face à un site se prétendant être un média d'actualité généraliste.
Mise en perspective
Ce type de fraude n'est pas propre à BitKeltTrade : la FAQ du dispositif Protect Épargne de l'AMF rappelle que « certaines offres frauduleuses peuvent aussi être relayées via de simples publications ou de faux articles de presse », un canal de diffusion de plus en plus prisé par les escrocs car il contourne les réflexes de méfiance habituellement associés au démarchage téléphonique ou aux messages non sollicités. Consultez la FAQ de l'AMF sur les arnaques à l'épargne pour retrouver l'ensemble des signaux d'alerte recensés par le régulateur.
Parmi les signes qui doivent alerter figure la nature du premier contact : Vous êtes démarché par une personne que vous ne connaissez pas ou recommandée par le bouche à oreille. Vient ensuite la pression temporelle, un ressort classique de l'arnaque financière : elle demande un versement rapide et prétend que demain il sera trop tard. Ce sentiment d'urgence artificiel vise à couper court à toute vérification et à toute prise de recul.
L'argument de l'intelligence artificielle, mis en avant par BitKeltTrade, s'inscrit dans une tendance plus large que l'AMF observe de près dans les discours de vente autour de l'épargne, un phénomène que documente le baromètre annuel de l'AMF sur la perception de l'intelligence artificielle dans l'investissement. Les épargnants doivent aussi Méfiez-vous des promesses irréalistes de sites de trading garantissant des gains rapides : aucune technologie, aussi sophistiquée soit-elle, ne peut garantir un rendement, et cette promesse constitue à elle seule un signal d'alerte majeur.
Ce que ça change pour vous
Face à une sollicitation suspecte, le premier réflexe reste celui recommandé par l'AMF elle-même : L'AMF recommande aux épargnants de ne pas donner suite et de ne pas transmettre leurs coordonnées. Aucune coordonnée bancaire, aucune pièce d'identité, aucun numéro de téléphone ne doit être communiqué à un interlocuteur rencontré via un article ou une publicité en ligne, aussi convaincant soit-il.
Avant tout engagement financier, l'AMF recommande d'« effectuer toutes les vérifications nécessaires » en s'assurant que la société est bien autorisée. Concrètement, cela passe par la consultation des registres officiels : « vérifiez leurs autorisations en regardant dans les registres de l'Orias » pour les conseillers en investissements financiers, sachant que « ces personnes ou sociétés doivent toutes justifier d'un agrément ou d'une habilitation en France ». Notre article sur la vérification de l'immatriculation ORIAS d'un professionnel détaille pas à pas cette démarche, accessible gratuitement en quelques clics.
Autre réflexe utile : Consultez la liste des prestataires de services d'investissements (Regafi) et celle des conseillers, deux registres publics qui permettent de croiser les informations avant de faire confiance à un interlocuteur. En cas de doute persistant sur l'identité réelle d'une société qui vous contacte, rappelez cette société en recherchant par vous-même ses coordonnées pour vous en assurer, plutôt que d'utiliser le numéro fourni par votre interlocuteur, qui peut aisément rediriger vers un complice.
Enfin, si une société ou un site est déjà répertorié comme frauduleux, la règle est simple : Ne répondez pas à leurs sollicitations, car les acteurs mentionnés dans cette liste ne sont pas autorisés à proposer leurs services en France. Consultez la page des acteurs listés en liste noire par l'AMF avant tout versement vers une plateforme de trading inconnue.
Perspectives
Cet épisode BitKeltTrade s'inscrit dans un effort de vigilance plus large de l'AMF, qui alimente en continu ses outils de repérage des acteurs non autorisés. Le régulateur rappelle toutefois ses propres limites : « cette liste noire est mise à jour régulièrement », mais elle ne peut jamais être complète, car « de nouveaux acteurs non autorisés apparaissent régulièrement ». Autrement dit, l'absence d'un nom sur la liste noire ne vaut jamais autorisation implicite : la vigilance individuelle reste indispensable, quel que soit l'état de la liste à un instant donné.
Cette vigilance permanente s'inscrit dans une cartographie plus vaste des risques que l'AMF dresse chaque année sur l'épargne et l'assurance-vie, où les arnaques en ligne occupent une place croissante. Les précédentes alertes de l'AMF et de l'ACPR sur d'autres arnaques aux placements montrent que ces stratagèmes se renouvellent sans cesse, changeant de nom de plateforme et de packaging marketing tout en recyclant les mêmes ressorts psychologiques : urgence artificielle, autorité usurpée, promesse de gain garanti. Pour l'épargnant, la meilleure protection reste la même d'un épisode à l'autre : prendre le temps de vérifier avant d'agir.
Questions fréquentes
BitKeltTrade est une plateforme de trading dénommée BitKeltTrade, qui s'appuierait sur l'intelligence artificielle, promue via de faux articles de presse mettant en scène des personnalités françaises. L'AMF réagit car la plateforme BitKeltTrade ne fait aujourd'hui l'objet d'aucune autorisation au sein de l'Union européenne, et parce qu'elle a inscrit sur liste noire le site Bitkelttrade.com.
Méfiez-vous d'un contenu qui reprend l'apparence d'un média connu pour vanter un placement : l'AMF signale des faux sites reprenant l'identité visuelle des sites de médias français connus. Un autre signal d'alerte classique reste le contact non sollicité : Vous êtes démarché par une personne que vous ne connaissez pas ou recommandée par le bouche à oreille.
N'envoyez aucune information personnelle : L'AMF recommande aux épargnants de ne pas donner suite et de ne pas transmettre leurs coordonnées. Avant tout versement, vérifiez leurs autorisations en regardant dans les registres de l'Orias pour les conseillers en investissements financiers, et en cas de doute, rappelez cette société en recherchant par vous-même ses coordonnées pour vous en assurer.