Illustration : Épargne retraite 2025 : 20,8 Md€ de cotisations, le PER en tête
Vie & Prevoyance

Épargne retraite 2025 : 20,8 Md€ de cotisations, le PER en tête

France Assureurs a publié ses chiffres clés 2025 sur l'épargne retraite facultative : 20,8 milliards d'euros de cotisations et un PER devenu largement dominant. Mais cette épargne complémentaire reste minoritaire face aux régimes de retraite obligatoires.

Chaque année, France Assureurs met en ligne ses chiffres clés sur l'épargne retraite supplémentaire : les contrats facultatifs — PER, Perp, Madelin, article 83, article 39 — que les particuliers ou leur entreprise alimentent en complément de la retraite obligatoire. L'édition 2025 confirme une dynamique déjà amorcée depuis la loi Pacte : le plan d'épargne retraite (PER) est devenu le support largement dominant de ce marché, au détriment des anciens contrats qui ne sont plus commercialisés. Mais ces montants, aussi élevés soient-ils, restent à replacer face à un point de comparaison essentiel : le poids de cette épargne facultative dans l'ensemble des pensions versées en France, où les régimes obligatoires — Sécurité sociale et complémentaires professionnelles, à ne pas confondre avec l'épargne retraite dont il est question ici — concentrent l'écrasante majorité des versements. Cet article détaille les chiffres 2025, la mécanique du PER et ce qu'ils signifient concrètement pour un épargnant.

Les faits : une collecte en forte hausse, portée par le PER

Selon les chiffres clés publiés par France Assureurs, le montant des cotisations des contrats d'assurance retraite s'établit à 20,8 milliards d'euros en 2025, en hausse de 13,2 % par rapport à 2024. À l'inverse, le montant des prestations versées au titre de ces contrats s'élève à 15,3 milliards d'euros pour l'année 2025, en baisse de 3,0 %. Cet écart entre cotisations en hausse et prestations en repli explique la progression de l'encours global : les provisions mathématiques des contrats d'assurance retraite atteignent 296,2 milliards d'euros fin 2025, en progression de 5,1 % par rapport à fin 2024.

Le PER, désormais moteur de la collecte

Le plan d'épargne retraite concentre l'essentiel de cette dynamique. En 2025, les cotisations hors transferts des PER représentent 75 % des cotisations de l'ensemble des contrats d'assurance retraite, en progression de 17,8 % par rapport à 2024. Les transferts venant d'anciens produits y contribuent aussi fortement : le montant des transferts entrants, internes et externes, sur les PER en phase de constitution s'élève à 6,2 milliards d'euros en 2025, en hausse de 49,2 % par rapport à 2024. Résultat sur l'encours : à la fin de l'année 2025, les PER représentent 38 % des provisions mathématiques des contrats d'assurance retraite, contre 33 % fin 2024.

Particuliers : le PER individuel prend le relais des anciens contrats

Chez les particuliers, les cotisations progressent de 13,7 % en 2025, portées notamment par le développement du PER individuel, dont les cotisations progressent de 18,3 % en 2025, ce qui compense la baisse des cotisations des anciens contrats de particuliers Perp et Madelin. Cette bascule n'a rien de surprenant : les anciens contrats de particuliers Perp et Madelin ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020, seuls les contrats déjà souscrits continuant de vivre.

Entreprises : le PER Loi Pacte supplante les anciens dispositifs

Le même mouvement de bascule s'observe côté employeurs. Les cotisations des PER entreprises institués par la loi Pacte progressent de 15,9 % en 2025, tandis que les cotisations des anciens PER entreprises relevant de l'article 83 du code général des impôts, qui ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020, reculent de 10,8 % en 2025. Les autres dispositifs d'entreprise évoluent en ordre dispersé : les cotisations des contrats d'indemnités de fin de carrière progressent fortement, de 81,5 %, tandis que celles des contrats à prestations définies de l'article 39 du CGI et des contrats en sursalaire de l'article 82 du CGI reculent respectivement de 3,2 % et 28,8 %. Au global, l'ensemble des cotisations des contrats d'entreprises est en hausse de 12,3 % en 2025.

La part croissante des unités de compte

Autre évolution structurante du marché : le recul du support en euros au profit des unités de compte, plus risquées mais potentiellement plus rémunératrices. En 2025, les versements sur les supports en unités de compte représentent 55 % de l'ensemble des cotisations des contrats d'assurance retraite, contre 41 % pour l'assurance vie hors contrats de retraite et décès, soit 11,5 milliards d'euros, en hausse de 16,5 %. Côté sorties, le montant total des rentes versées aux retraités au titre des contrats d'assurance retraite est estimé à 7,2 milliards d'euros en 2025, en diminution de 1,6 %. Sur l'encours total, fin décembre 2025, les supports en unités de compte représentent 29 % des provisions mathématiques des contrats d'assurance retraite, soit 40 % pour les seuls contrats en phase de constitution, ce qui correspond à 86,9 milliards d'euros.

Mise en perspective : un poids marginal face aux régimes obligatoires

Ces montants, en milliards d'euros, peuvent donner l'impression d'un marché considérable. Il faut pourtant les rapporter à un point de comparaison publié par France Assureurs lui-même, citant la Drees : les régimes obligatoires de retraite, régimes de base et complémentaires, ont versé 400,3 milliards d'euros de prestations en 2024 — un chiffre qui concerne l'Assurance retraite au sens de la Cnav et les régimes complémentaires obligatoires, à ne surtout pas confondre avec l'assurance retraite facultative dont il est question dans cet article. Face à ce total, les organismes d'assurance (entreprises d'assurance, mutuelles, institutions de prévoyance) et les organismes gestionnaires de Perco ont versé 8,9 milliards d'euros de prestations au titre de la retraite en 2024. Autrement dit, les prestations de retraite versées par les organismes d'assurance et les gestionnaires de Perco représentent 2,2 % de l'ensemble des prestations de retraite versées en France en 2024, contre 2,3 % en 2023 et en 2022.

Ce contraste résume bien la place de l'épargne retraite assurantielle dans le système français : un complément facultatif, en croissance rapide, mais qui reste très minoritaire à côté d'un système par répartition qui continue d'assurer l'essentiel des pensions. Sur la trajectoire globale du niveau de vie des retraités, notre article sur l'évolution du taux de pauvreté au moment du départ à la retraite apporte un éclairage complémentaire sur ce que pèsent, ou non, ces différentes briques de revenus.

Ce que ça change pour vous

Pour un épargnant qui envisage d'ouvrir ou d'alimenter un PER, le cadre légal est fixé depuis 2019. Le plan d'épargne retraite est encadré par l'article L. 224-1 du code monétaire et financier, créé par la loi Pacte n° 2019-486 du 22 mai 2019, en vigueur depuis le 1er octobre 2019 ; il permet aux personnes physiques de verser des sommes en vue de l'acquisition de droits viagers ou du versement d'un capital, payables au plus tôt à la liquidation de la pension, comme le précise le texte de l'article sur Légifrance.

Contrairement à une idée reçue, l'épargne versée sur un PER n'est pas totalement captive jusqu'à la retraite. Selon la fiche de service-public.gouv.fr, le PER individuel est en principe bloqué jusqu'à la retraite, avec des cas de déblocage anticipé pour « accident de la vie » et pour l'achat de la résidence principale. Au moment de la liquidation de la pension, la sortie n'est pas figée non plus : à la retraite, le titulaire d'un PER individuel peut choisir de percevoir l'épargne accumulée soit en capital, soit en rente viagère, soit partiellement en capital et en rente. Cette souplesse de sortie distingue nettement le PER de ses prédécesseurs, le Perp imposant par exemple une sortie très majoritairement en rente.

Pour resituer ce placement de long terme parmi les autres produits d'épargne disponibles, notre article sur l'arbitrage entre Livret A et assurance vie détaille les logiques de diversification, tandis que la collecte record de l'assurance vie montre que l'appétit des Français pour l'épargne de long terme ne se limite pas au seul PER.

Perspectives

La bascule vers le PER, amorcée par la loi Pacte, semble désormais installée : les anciens contrats Perp, Madelin et article 83 poursuivent leur déclin mécanique, faute d'être encore commercialisés, tandis que les nouveaux flux se concentrent sur le PER individuel et le PER entreprises. La progression parallèle des unités de compte, dans les cotisations comme dans l'encours, traduit un arbitrage de long terme vers des supports potentiellement plus dynamiques, mais aussi plus exposés aux marchés financiers. Cette évolution rejoint des dynamiques déjà observées ailleurs dans la retraite complémentaire, comme le montre notre article sur la réécriture de plusieurs règlements de retraite complémentaire des professions libérales. France Assureurs n'a publié aucune projection chiffrée pour 2026 : les données disponibles portent sur l'exercice clos. Pour approfondir ces mécanismes, le pilier Vie & Prévoyance et son sous-hub dédié à l'épargne en assurance vie regroupent l'ensemble de nos articles sur le sujet.

Questions fréquentes

Le plan d'épargne retraite est encadré par l'article L. 224-1 du code monétaire et financier, créé par la loi Pacte n° 2019-486 du 22 mai 2019, en vigueur depuis le 1er octobre 2019 ; il permet aux personnes physiques de verser des sommes en vue de l'acquisition de droits viagers ou du versement d'un capital, payables au plus tôt à la liquidation de la pension. Depuis sa création, il a largement supplanté les anciens contrats : les anciens contrats de particuliers Perp et Madelin ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020.

Une part très faible. Les prestations de retraite versées par les organismes d'assurance et les gestionnaires de Perco représentent 2,2 % de l'ensemble des prestations de retraite versées en France en 2024, contre 2,3 % en 2023 et en 2022. En valeur, cela représente 8,9 milliards d'euros de prestations versées par les organismes d'assurance et les gestionnaires de Perco, à comparer aux 400,3 milliards d'euros de prestations versées par les régimes obligatoires de retraite, de base et complémentaires, en 2024.

Le PER individuel est en principe bloqué jusqu'à la retraite, avec des cas de déblocage anticipé pour « accident de la vie » et pour l'achat de la résidence principale. À la liquidation de la pension, la sortie est ensuite flexible : le titulaire d'un PER individuel peut choisir de percevoir l'épargne accumulée soit en capital, soit en rente viagère, soit partiellement en capital et en rente.

Sources officielles