Selon Malakoff Humanis, le taux d'absentéisme dans le secteur privé a atteint 4,3 % en 2025, soit une hausse de 25,5 % par rapport à 2019. C'est le constat central de la 10e édition du Baromètre Absentéisme de Malakoff Humanis. Ce chiffre illustre une tendance structurelle qui dépasse le seul effet post-Covid : l'absentéisme s'est installé à un niveau durablement plus élevé, avec des conséquences directes sur la prévoyance d'entreprise et les obligations légales des employeurs.
Un taux d'absentéisme record en 2025
Le baromètre de Malakoff Humanis repose sur l'analyse des déclarations de 3,8 millions de salariés du secteur privé, selon IntelliNews. À noter que Malakoff Humanis est lui-même un acteur de la prévoyance complémentaire — ses données, issues d'une étude propriétaire, peuvent refléter le profil de sa propre clientèle. D'autres baromètres sectoriels (Ayming, Diot-Siaci) produisent des estimations comparables. Le résultat est sans ambiguïté : selon Malakoff Humanis, le taux d'absentéisme s'établit à 4,3 % en 2025 dans le secteur privé. Cette progression de 25,5 % par rapport à 2019 confirme que les niveaux d'avant-Covid sont durablement dépassés.
Concrètement, selon IntelliNews, 30,6 % des travailleurs ont eu au moins un arrêt dans l'année — près d'un salarié du privé sur trois. La durée moyenne d'un arrêt, selon Orange Actu, atteint 23,7 jours en 2025, contre 23,1 jours l'année précédente. Selon Econostrum, les dépenses liées aux arrêts de travail ont atteint 18 milliards d'euros en 2025, soit une hausse de 45 % par rapport à 2019 (toutes natures d'IJ confondues : maladie, accidents du travail, maternité).
Ces chiffres font écho aux données de la DREES et de la CNAM : la dépense totale au titre des indemnités journalières maladie s'élevait déjà à 10,2 milliards d'euros en 2023. La DREES note que la part de salariés ayant eu au moins un arrêt indemnisé est passée de 25 % en 2010 à 28 % en 2022, avant de continuer à progresser.
La santé mentale, premier motif des arrêts longs
La donnée la plus marquante du baromètre concerne les causes des arrêts longue durée. Selon Malakoff Humanis, les troubles psychologiques représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours en 2025 — dépression et burn-out en particulier. Orange Actu confirme que la santé mentale est désormais le premier motif d'arrêts longs, surpassant les troubles musculosquelettiques.
Les arrêts longs concentrent une part disproportionnée du coût global. Selon Malakoff Humanis, les arrêts supérieurs à 60 jours ne représentent que 9,4 % de l'ensemble des arrêts, mais concentrent plus de 63,8 % des journées d'absence. Ces arrêts ont eux-mêmes augmenté : les arrêts supérieurs à 60 jours ont augmenté de 4,9 % en un an. La DREES note que les arrêts de plus de six mois ne représentent que 7 % des cas mais concentrent 45 % de la dépense totale.
La répartition genrée est significative. Selon Malakoff Humanis, les troubles psychologiques touchent davantage les femmes : 36,9 % de leurs arrêts longs y sont liés, contre 28,7 % chez les hommes. Cette donnée invite à repenser les politiques de prévention au sein des entreprises.
Face à ces constats, Malakoff Humanis relève que 63 % des entreprises considèrent l'absentéisme comme un sujet majeur, mais que 55 % n'ont mis aucune mesure en place. Par ailleurs, 50 % des salariés présentant des difficultés psychologiques n'osent pas en parler au travail, ce qui limite l'efficacité des dispositifs de détection précoce.
Cadres et managers : une progression inquiétante
Longtemps moins touchés que les non-cadres, les cadres connaissent une dégradation accélérée. Selon Echosplus, le taux d'absentéisme des cadres a progressé de 35,2 % depuis 2019, avec une durée moyenne d'arrêt de 20,2 jours en 2025. Leur taux d'absentéisme absolu reste toutefois deux fois inférieur à celui des non-cadres — c'est la vitesse de progression qui interpelle. Selon Echosplus, 53 % des managers ont bénéficié d'au moins un arrêt de travail en 2025.
Cette surreprésentation des troubles psychologiques chez les cadres est confirmée par Malakoff Humanis : 44,4 % des arrêts longs des cadres sont liés à des troubles psychologiques, contre 32,5 % chez les non-cadres. L'intensification du travail, la porosité entre vie professionnelle et vie personnelle, et les injonctions contradictoires du management hybride sont régulièrement citées comme facteurs explicatifs.
Les arrêts selon l'âge : deux profils opposés
Le baromètre Malakoff Humanis révèle une bipolarisation nette selon l'âge. Selon IntelliNews, les moins de 30 ans présentent un phénomène de polyabsentéisme : 21 % ont été arrêtés deux fois en 2025. Pourtant, selon Malakoff Humanis, leur durée moyenne d'arrêt reste courte : 12,4 jours en moyenne pour les moins de 30 ans.
À l'opposé, les salariés seniors cumulent des arrêts rares mais très prolongés. Selon IntelliNews, 74 % des absences des salariés de plus de 55 ans dépassent 60 jours, pour une durée moyenne de 39,7 jours. Ce profil appelle des solutions spécifiques, notamment en matière de prévoyance longue durée et d'accompagnement au retour à l'emploi.
Indemnités journalières : ce que prévoit la loi
Face à un arrêt maladie, le salarié bénéficie d'un cadre légal précis. Selon Ameli.fr, l'indemnité journalière versée pendant un arrêt de travail pour maladie est égale à 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les trois derniers mois. Un délai de carence de 3 jours s'applique au début de chaque arrêt maladie, sauf exceptions (accident du travail, maladie professionnelle, maternité). La durée maximale de versement est de 360 jours d'indemnités journalières sur une période maximale de 3 ans.
Un changement réglementaire majeur est intervenu en 2025. Selon Légifrance, le décret n° 2025-160 du 20 février 2025 abaisse le plafond de calcul des IJSS de 1,8 à 1,4 fois le SMIC mensuel, applicable aux arrêts débutant à compter du 1er avril 2025. Selon Ameli.fr, le montant maximal est désormais plafonné à 42,97 € bruts par jour. Ce resserrement ne concerne que les salariés dont le salaire brut dépasse 1,4 fois le SMIC mensuel, et uniquement pour les arrêts ayant débuté après l'entrée en vigueur de la réforme — les arrêts en cours à cette date conservaient l'ancien plafond jusqu'à leur terme. Pour ces salariés, la baisse du plafond renforce l'importance d'une prévoyance complémentaire pour maintenir leur niveau de revenus.
La base légale du droit aux indemnités journalières est l'article L321-1 du Code de la sécurité sociale, qui dispose que l'assurance maladie assure le versement d'indemnités journalières à l'assuré qui se trouve dans l'incapacité physique de poursuivre son travail. L'obligation de maintien de salaire par l'employeur est quant à elle prévue à l'article L1226-1 du Code du travail, qui impose à tout employeur de verser une indemnité complémentaire à tout salarié ayant une année d'ancienneté.
Prévoyance complémentaire : le rôle des employeurs
Selon Service-public.fr, la loi impose à l'employeur un délai de carence de 7 jours avant le déclenchement de l'obligation de maintien de salaire. Au-delà de ce délai, l'employeur prend le relais de l'Assurance maladie pour une durée proportionnelle à l'ancienneté du salarié. Pour les cadres, l'obligation va plus loin : selon Service-public.fr, les employeurs du secteur privé ont l'obligation de souscrire à un régime collectif de prévoyance couvrant les cadres, couvrant au minimum le risque décès. La protection contre les arrêts maladie et l'invalidité relève quant à elle de la convention collective applicable ou d'un accord d'entreprise.
Dans ce contexte, la prévoyance complémentaire joue un rôle clé pour combler l'écart entre les IJSS plafonnées et le maintien du niveau de vie. Avec le nouveau plafond IJSS à 1,4 SMIC, les salariés gagnant au-delà de 1,4 fois le SMIC mensuel sont désormais plus exposés à une perte de revenus significative en cas d'arrêt prolongé. Un contrat de prévoyance individuelle ou collective peut compenser ce différentiel.
La hausse structurelle des arrêts longs — et leur concentration sur la santé mentale — rend d'autant plus pertinente une révision régulière de sa couverture prévoyance. La comparaison des contrats de prévoyance disponibles sur le marché permet d'identifier les offres les mieux adaptées à sa situation professionnelle et à son niveau de revenu.
Questions fréquentes
C'est une étude annuelle publiée par Malakoff Humanis, groupe de protection sociale complémentaire. La 10e édition (2026) s'appuie sur l'analyse des données de 3,8 millions de salariés du secteur privé et constitue l'une des sources statistiques les plus complètes sur l'absentéisme en France.
Les facteurs identifiés sont multiples : hausse durable des troubles psychologiques (burn-out, dépression), difficultés de recrutement qui alourdissent la charge de travail des présents, et meilleure acceptation sociale de l'arrêt de travail. Le baromètre Malakoff Humanis conclut que les niveaux pré-Covid sont durablement dépassés.
L'Assurance maladie verse des IJ égales à 50 % du salaire journalier de base, après un délai de carence de trois jours. Depuis le printemps 2025, le plafond de calcul a été abaissé à 1,4 fois le SMIC mensuel, réduisant sensiblement le montant maximum pour les salariés aux revenus moyens-supérieurs.
Oui, à partir d'un an d'ancienneté, en vertu du Code du travail. L'obligation de maintien de salaire démarre après un délai de carence légal de sept jours. La durée et le niveau de maintien varient selon la convention collective et l'ancienneté du salarié.
La prévoyance complémentaire (individuelle ou collective) permet de couvrir l'écart entre les IJSS et le salaire réel. Depuis l'abaissement récent du plafond IJSS, les salariés dont le revenu dépasse 1,4 SMIC ont intérêt à vérifier que leur contrat de prévoyance compense ce différentiel.
Sources
- Malakoff Humanis — Baromètre Absentéisme 2026, 10e édition (communiqué de presse, 2026)
- IntelliNews — Polyabsentéisme chez les jeunes, arrêts plus longs chez les seniors (2026)
- Echosplus — Managers et cadres davantage touchés par l'absentéisme (2026)
- Econostrum — L'absentéisme explose et la santé mentale est devenue le premier motif (2026)
- Orange Actu — Le taux d'absentéisme au travail n'en finit pas de grimper (2026)
- DREES / CNAM — Étude & Résultats n°1321 : Arrêts maladie, au-delà des effets de court terme
- Ameli.fr — Indemnités journalières en cas d'arrêt de travail pour maladie
- Légifrance — Décret relatif au plafond IJSS (2025) ; articles du Code de la sécurité sociale et du Code du travail
- Service-public.fr — Arrêt maladie : indemnités journalières (fiche F3053)