Illustration : Assurance vie T1 2026 : collecte record et encours historique à 2 115 Md€
Vie & Prevoyance

Assurance vie T1 2026 : collecte record et encours historique à 2 115 Md€

Avec 57 milliards d'euros de cotisations, +14 % sur un an et un encours total record de 2 115 milliards au 31 mars, l'assurance vie réalise son meilleur premier trimestre depuis 2010.

L'assurance vie a réalisé son meilleur premier trimestre depuis 2010. France Assureurs publie un bilan T1 2026 historique : 57 milliards d'euros de cotisations brutes (+14 %), une collecte nette de 19,3 milliards et un encours total qui dépasse les 2 115 milliards d'euros au 31 mars. Portée par la baisse du Livret A à 1,5 %, la classe d'actifs reine de l'épargne française confirme son attractivité.

Un premier trimestre 2026 historique

Trois mois de records consécutifs : tel est le bilan que dresse France Assureurs dans son communiqué du 30 avril 2026. Janvier a ouvert le bal avec 19,2 milliards d'euros de cotisations brutes (+14 % sur un an), suivi d'un mois de février exceptionnel à 19,5 milliards — un niveau jamais atteint en vingt ans de statistiques. Mars a clôturé le trimestre avec 18,3 milliards (+17 %), signant le meilleur mois de mars de l'histoire du secteur.

Au total, le premier trimestre 2026 concentre 57 milliards d'euros de cotisations brutes, en hausse de 14 % par rapport au T1 2025. Sur la même période, les prestations et rachats ont représenté 37,7 milliards (+3 %), soit une collecte nette positive de 19,3 milliards d'euros — le meilleur premier trimestre depuis 2010. Par comparaison, le T1 2025 affichait 13,6 milliards de collecte nette : la progression atteint 5,7 milliards en un an.

Cette dynamique porte l'encours total de l'assurance vie à 2 115 milliards d'euros au 31 mars 2026, soit une progression de 4,6 % sur douze mois (un gain de 94 milliards). Ce seuil symbolique des 2 100 milliards confirme la place dominante de l'assurance vie dans le patrimoine financier des Français, loin devant le Livret A (390 milliards) ou le Plan Épargne Logement (320 milliards).

La cause principale de cet élan ? La révision à la baisse du taux du Livret A, tombé à 1,5 % en février 2026 après avoir culminé à 3 % en 2023. Avec un écart de rendement désormais supérieur à un point en faveur des fonds euros, les épargnants arbitrent logiquement vers l'assurance vie. La tendance, perceptible dès mars 2026, s'est confirmée sur l'ensemble du trimestre.

Les unités de compte captent 41 % des versements

Autre signal fort du T1 2026 : la montée en puissance des unités de compte (UC), qui représentent désormais 41 % des versements bruts contre 38 à 39 % en moyenne historique. Mois après mois, la part des UC progresse : 43 % en janvier, 41 % en février, 38 % en mars — ce léger repli de mars reflétant les turbulences des marchés financiers, sans remettre en cause la tendance structurelle.

Sur la collecte nette, les UC dominent largement : ils captent 15 milliards d'euros sur les 19,3 milliards du trimestre, tandis que les fonds euros reviennent à l'équilibre positif avec 4,3 milliards de collecte nette — une performance remarquable quand on se souvient que les fonds euros avaient enregistré des décollectes massives entre 2020 et 2024. En 2025, ils avaient déjà renoué avec la collecte nette (+8,1 milliards sur l'année).

Cette appétence croissante pour les UC traduit l'évolution du profil des épargnants : mieux informés sur le rapport risque/rendement à long terme, davantage accompagnés par leurs conseillers depuis l'entrée en vigueur des recommandations de l'ACPR sur le devoir de conseil. Elle reflète aussi le déploiement massif des contrats responsables (ISR, ESG), qui représentent aujourd'hui plus de 60 % des nouveaux versements en UC selon France Assureurs.

Pour les assurés déjà investis, cette dynamique plaide en faveur d'une révision régulière de la composition du contrat : à horizon dix ans, les UC ont historiquement délivré une performance nette de 4,7 % en 2025, contre 2,6 % pour les fonds euros. La page dédiée à l'assurance vie et prévoyance du site présente les critères à examiner pour choisir la bonne allocation.

Le PER en forte accélération

Lancé par la loi PACTE en 2019, le Plan d'Épargne Retraite (PER) confirme sa montée en puissance au T1 2026. Les assureurs, qui gèrent 74 % de l'encours total des PER en France, ont collecté 3,3 milliards d'euros de cotisations sur le premier trimestre (+9 % sur un an), pour une collecte nette de +2,1 milliards (+3 %).

Le nombre de nouveaux contrats souscrits atteint 240 600 au T1 2026, en hausse de 9 % par rapport au T1 2025. L'encours total des PER assurantiels dépasse désormais les 114,8 milliards d'euros, pour 8,1 millions d'assurés recensés. À cela s'ajoutent 70 600 transferts entrants représentant 952 millions d'euros, traduisant la mobilité croissante des épargnants qui consolident leur épargne retraite sur un seul contrat plus performant.

La fiscalité reste le premier moteur d'adhésion : les versements sur un PER individuel sont déductibles du revenu imposable jusqu'à 10 % des bénéfices professionnels dans la limite de huit fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). Les réformes fiscales 2026 relatives au PER ont renforcé l'attrait du produit pour les indépendants et les salariés en fin de carrière.

Pour les bancassureurs, le T1 2026 consolide une position dominante sur le marché de l'assurance vie : leur collecte représente l'essentiel des 57 milliards de cotisations, même si les acteurs digitaux et les courtiers en ligne gagnent des parts de marché sur les profils d'épargnants autonomes.

Fonds euros à 2,6 % : l'avantage sur le Livret A se creuse

L'ACPR a confirmé un rendement moyen des fonds euros de 2,65 % en 2025 (net de frais de gestion), en ligne avec les 2,6 % annoncés par France Assureurs. C'est la troisième année consécutive à ce niveau, après les hausses successives liées au resserrement monétaire européen entre 2022 et 2024.

Cet écart avec le Livret A — tombé à 1,5 % depuis février 2026 — représente désormais 1,15 point de différence annuelle. Sur un encours moyen de 30 000 euros, l'avantage de l'assurance vie représente 345 euros d'intérêts supplémentaires par an, hors avantages successoraux et fiscalité dégressive après huit ans de détention.

La comparaison sur longue période confirme la solidité du placement : sur treize ans, le fonds euro a délivré en moyenne 2,1 % contre 1,3 % pour le Livret A selon les données compilées par Meilleurtaux Placement à partir des statistiques ACPR. Les réserves de participation aux bénéfices (PPB) représentent encore 3,7 % des actifs à fin 2025, laissant aux assureurs une marge de distribution future.

En termes pratiques, le T1 2026 offre trois enseignements pour les épargnants :

  • Ouvrir ou alimenter un contrat maintenant profite d'un marché porteur et d'un effet d'antériorité fiscal qui débute dès la date de souscription
  • Diversifier vers les UC reste pertinent sur un horizon supérieur à cinq ans, avec une allocation progressive pour lisser la volatilité
  • Examiner son PER pour les actifs qui n'en détiennent pas encore : les 240 000 nouveaux contrats du T1 2026 témoignent de l'intérêt grandissant pour cette enveloppe retraite à fiscalité avantageuse

Pour comparer les meilleurs contrats du marché et trouver l'offre adaptée à votre profil, notre comparateur assurance vie recense les contrats avec les frais les plus bas et les performances les plus régulières.

Questions fréquentes

Oui, sur des critères de rendement. Les fonds euros ont délivré 2,65 % en 2025 (source ACPR), contre 1,5 % pour le Livret A depuis février 2026. Sur un horizon supérieur à 8 ans, l'assurance vie offre en outre une fiscalité avantageuse (abattement de 4 600 € par an pour un célibataire) et des avantages successoraux : jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire exonérés de droits de succession pour les versements effectués avant 70 ans.

Une unité de compte est un support d'investissement au sein d'un contrat d'assurance vie dont la valeur varie selon les marchés financiers (actions, obligations, immobilier via SCPI, etc.). Contrairement au fonds euro dont le capital est garanti, les UC comportent un risque de perte en capital. En échange, leur potentiel de rendement est plus élevé : en 2025, la performance nette moyenne des UC s'est établie à +4,7 % selon France Assureurs.

Au 31 mars 2026, 8,1 millions d'assurés détiennent un PER géré par une compagnie d'assurance, pour un encours de 114,8 milliards d'euros. Les assureurs gèrent 74 % de l'encours total des PER en France. Au seul T1 2026, 240 600 nouveaux contrats PER ont été souscrits (+9 % sur un an), portant les cotisations trimestrielles à 3,3 milliards d'euros. Ces statistiques sont publiées par France Assureurs dans son bilan mensuel officiel.