Illustration : PER : 150 milliards d'euros d'encours et 12,9 millions de Français épargnants en 2025
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PER : 150 milliards d'euros d'encours et 12,9 millions de Français épargnants en 2025

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) a franchi le cap historique des 150 milliards d'euros d'encours au 31 décembre 2025, avec 12,9 millions de titulaires. En six ans, il s'est imposé comme le deuxième pilier de l'épargne longue des Français.

Annoncé le 17 mai 2026 par le ministère de l'Économie sur la base de données consolidées des quatre fédérations professionnelles (France Assureurs, AFG, FNMF, FIPS), le cap symbolique des 150 milliards d'euros d'encours du Plan d'Épargne Retraite (PER) a été franchi au 31 décembre 2025 — avec exactement 150,4 milliards et 12,9 millions de titulaires. En six ans d'existence, le PER est devenu le deuxième placement d'épargne longue des Français, derrière la seule assurance vie.

150 milliards : le chiffre qui confirme une révolution silencieuse

La progression est spectaculaire : +20 % sur l'année 2025, +46 % sur deux ans. Fin 2023, les encours avaient franchi le premier cap symbolique des 100 milliards. Deux ans plus tard, c'est une fois et demie cet encours que les épargnants ont accumulé. Le rythme s'accélère : le PER a gagné environ 1,4 million de nouveaux titulaires en 2025, soit plus de 350 000 ouvertures par trimestre.

Le poids des assureurs dans cette dynamique est prépondérant : la seule part assurantielle du PER (PERin individuel et PERcol/PERob d'entreprise commercialisés par les assureurs) représente 111,9 milliards d'euros pour 7,9 millions d'assurés fin 2025, selon France Assureurs. En mars 2026, ces encours assurantiels atteignaient déjà 114,8 milliards d'euros.

La ventilation par type de PER au 31 décembre 2025 illustre la montée en puissance de l'épargne individuelle :

  • PER individuel (PERin) : 88,5 Md€ (+21 % sur un an), 58,8 % du total ;
  • PER collectif d'entreprise (PERcol) : 33,86 Md€ (+22 %) ;
  • PER obligatoire d'entreprise (PERob) : 28,04 Md€ (+13 %).

Ces chiffres sont issus du communiqué officiel du ministère de l'Économie (Bercy, 17 mai 2026).

Anatomie de la croissance du PER depuis 2019

Créé par la loi PACTE d'octobre 2019, le PER a unifié en un seul produit les anciens véhicules d'épargne retraite (PERP, Madelin, article 83, PERCO), jugés trop complexes et trop rigides. La simplification a eu l'effet escompté : le produit est passé de zéro à 100 milliards d'encours en moins de quatre ans, un record dans l'histoire de l'épargne française.

Plusieurs catalyseurs ont alimenté cette dynamique en 2025 et début 2026 :

  1. La baisse du Livret A à 1,50 % depuis le 1er février 2026 (contre 3 % mi-2023 et 2,4 % courant 2025), qui rend les fonds euros — affichant un rendement moyen de 2,65 % net en 2025 — structurellement plus attractifs ;
  2. Les inquiétudes sur les retraites par répartition : les réformes successives depuis 2023 ont renforcé la conscience collective de la nécessité d'épargner en complément ;
  3. La montée des unités de compte (UC) : au T1 2026, les UC représentent 41 % des cotisations assurance vie, niveau record historique — une tendance qui bénéficie aussi aux PER dont la gestion pilotée oriente massivement vers les UC ;
  4. La Loi Industrie Verte : depuis 2025 (délai final au 31 décembre 2026), la gestion pilotée des PER doit inclure une fraction minimale d'actifs non cotés (private equity, infrastructure verte), avec plus de 5 milliards d'euros déjà orientés dans cette direction.

Ce que 2026 change pour votre PER

Plusieurs modifications substantielles s'appliquent aux PER à compter du 1er janvier 2026. Il est impératif de les connaître avant d'effectuer des versements ou de planifier une sortie.

Fin de la déductibilité des versements à partir de 70 ans

Nouveau depuis 2026 : les versements effectués après l'âge de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Cette mesure, inscrite dans la LFSS 2026, s'applique de manière rétroactive au 1er janvier 2026. Les épargnants âgés de 68 ou 69 ans ont donc intérêt à maximiser leurs versements déductibles avant d'atteindre cet âge. Source : Service-Public.fr — nouvelles règles PER 2026.

Report des plafonds non utilisés étendu à 5 ans

Bonne nouvelle en revanche : le report des plafonds d'épargne retraite non utilisés est étendu à cinq ans (contre trois ans auparavant). Un épargnant qui n'a pas versé sur son PER depuis plusieurs années peut ainsi rattraper son retard fiscal en effectuant un versement exceptionnel déductible.

Hausse des prélèvements sociaux sur la sortie en capital

Les prélèvements sociaux applicables aux plus-values lors d'une sortie en capital passent de 17,2 % à 18,6 % (LFSS 2026). En pratique, pour un assuré en TMI 30 % qui sort en capital ses versements déduits, le taux global d'imposition (IR + PS) reste toutefois inférieur à celui d'un retrait en assurance vie avant 8 ans.

Les plafonds de déduction 2026

Pour les versements effectués en 2026 (calculés sur les revenus 2025) :

  • Salariés : entre 4 710 € (minimum) et 37 680 € (maximum) de déduction fiscale ;
  • Travailleurs non-salariés (TNS) : entre 4 806 € et 88 911 €.

Pour un salarié en TMI 30 % versant 10 000 €, l'économie d'impôt est de 3 000 € — et de 4 100 € pour une TMI à 41 %. Source : Service-Public.fr — plafonds cotisations épargne retraite.

PER ou assurance vie : que choisir ?

Avec 2 115 milliards d'euros d'encours fin mars 2026, l'assurance vie reste de loin le premier placement des Français. Mais le PER, à 150 milliards, s'impose comme un complément incontournable pour les actifs imposés à partir de la TMI 30 %.

Le PER se distingue sur deux points essentiels :

  • Déduction fiscale à l'entrée : unique parmi les placements d'épargne longue. L'assurance vie ne bénéficie d'aucun avantage fiscal à la souscription ;
  • Déblocage anticipé pour l'achat de la résidence principale : le PER individuel permet de récupérer son épargne avant la retraite pour financer un achat immobilier — un atout que l'assurance vie ne propose pas nativement.

En revanche, l'assurance vie conserve des avantages que le PER n'offre pas : liquidité totale à tout moment (avec une fiscalité avantageuse après 8 ans), clause bénéficiaire libre, et absence d'obligation de conversion en rente. Pour une comparaison personnalisée entre PER et assurance vie, nos experts vous orientent selon votre profil fiscal et votre horizon de placement.

Perspectives : vers 200 milliards en 2027 ?

Au rythme actuel de croissance (+20 %/an), les encours PER pourraient atteindre 180 milliards d'euros fin 2026 et approcher les 200 milliards début 2027. Ce scenario est plausible si le Livret A reste autour de 1,5 % et si les marchés actions ne subissent pas de correction majeure.

L'entrée en vigueur complète de la Loi Industrie Verte au 31 décembre 2026 — avec l'obligation d'intégrer des actifs non cotés dans la gestion pilotée — devrait continuer à attirer les épargnants sensibles à l'investissement durable et à la recherche de rendements supérieurs. Plus de 80 % des actifs PER sont déjà investis en France ou dans l'Union Européenne.

Pour les épargnants qui n'ont pas encore ouvert de PER, 2026 est une année charnière : les plafonds cumulés non utilisés peuvent être mobilisés sur cinq années de revenus, offrant une opportunité de rattrapage fiscal significative. Consultez notre guide sur la vie et la prévoyance pour comparer les meilleures offres de PER individuel disponibles en France.

Questions fréquentes

Non. Depuis le 1er janvier 2026 (LFSS 2026), les versements effectués après l'âge de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Cette règle s'applique quel que soit le type de PER (individuel, collectif, obligatoire). Les épargnants proches de 70 ans ont intérêt à effectuer leurs versements déductibles avant d'atteindre cet âge. Source : Service-Public.fr.

Le PER individuel (PERin) est souscrit à titre personnel, directement auprès d'un assureur ou d'une banque. Il est alimenté par des versements volontaires déductibles de votre revenu imposable. Le PER collectif (PERcol) et le PER obligatoire (PERob) sont mis en place par l'employeur : le PERcol est facultatif pour le salarié, le PERob est obligatoire pour certaines catégories. Les trois types peuvent recevoir des versements volontaires déductibles, en plus de l'épargne salariale ou des cotisations obligatoires de l'entreprise. Fin 2025, le PERin représentait 58,8 % des 150,4 milliards d'encours totaux.

Oui, dans plusieurs cas prévus par la loi : l'acquisition de la résidence principale (uniquement pour les versements volontaires et l'épargne salariale), mais aussi en cas d'invalidité (propre, du conjoint ou d'un enfant), de décès du conjoint, de surendettement, d'expiration des droits à l'assurance chômage ou de cessation d'activité non salariée suite à une liquidation judiciaire. En dehors de ces cas, le PER est bloqué jusqu'à la retraite. Source : Service-Public.fr — PER individuel.