Le 6 mai 2026, SCOR a publié un bénéfice net de 225 millions d'euros au premier trimestre 2026, en hausse de 12,8 %, avec un ratio combiné P&C exceptionnel de 80,2 %. Derrière ces chiffres discrets se cache le premier réassureur français, dont la solidité conditionne directement la capacité des assureurs à couvrir vos sinistres.
Les résultats T1 2026 de SCOR en détail
SCOR a publié ses résultats du premier trimestre 2026 le 6 mai 2026, dépassant nettement les attentes des analystes. Le bénéfice net atteint 225 millions d'euros (+12,8 % par rapport aux 200 millions du T1 2025), contre un consensus de 202 millions — soit un dépassement de 11 %. Le retour sur fonds propres annualisé (ROE) s'établit à 21,7 %, contre 18,3 % un an plus tôt et une cible stratégique de 12 % seulement.
Le segment P&C (assurances de dommages et de responsabilité civile) brille particulièrement. Le ratio combiné — qui rapporte sinistres et frais aux primes collectées — s'améliore de 4,8 points à 80,2 % contre 85,0 % au T1 2025. Un ratio inférieur à 100 % signifie que l'activité de souscription est rentable ; à 80,2 %, SCOR dégage une marge technique confortable. Les revenus P&C progressent de 5,4 % à changes constants, à 1,812 milliard d'euros, portés par les bons renouvellements de janvier 2026.
Sur le plan financier, le ratio de solvabilité grimpe de 5 points à 220 %, au sommet de la fourchette cible du plan Forward 2026 (185-220 %). La valeur économique du groupe atteint 9,044 milliards d'euros (+6,1 %), soit environ 51 euros par action, en hausse de 7,4 % à hypothèses économiques constantes. La réaction boursière a été immédiate : le titre SCOR a progressé de +5,12 % à 31,18 euros à la clôture du 6 mai 2026. Source officielle : communiqué SCOR T1 2026 — GlobeNewswire.
Thierry Léger, directeur général de SCOR depuis 2023, a résumé la situation en ces termes : "We delivered a solid first-quarter performance, with all business activities contributing to a RoE of 21.7%." Sur le marché P&C, il a salué un combined ratio "excellent", tout en soulignant le maintien de provisions prudentielles supplémentaires (300 M€ de buffers) et d'une provision IBNR d'environ 50 millions d'euros liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
La réassurance, pilier invisible du système assurantiel
Pour comprendre pourquoi les résultats de SCOR importent à tout assuré français, il faut saisir le mécanisme de la réassurance. Quand votre assureur signe un contrat d'assurance habitation ou d'assurance auto, il prend un risque financier. Si une tempête dévaste un quartier entier, les indemnisations peuvent dépasser la capacité d'un seul assureur. C'est là qu'intervient le réassureur : il "assure l'assureur", en absorbant les sinistres dépassant certains seuils, en échange d'une partie des primes collectées.
SCOR est l'acteur français de référence dans ce domaine. Présent dans plus de 150 pays avec plus de 35 bureaux, le groupe déclare 20,1 milliards d'euros de primes en 2024. Son activité est répartie entre la réassurance P&C — dommages aux biens, responsabilité civile, catastrophes naturelles (47,5 % de l'activité) — et la réassurance Vie & Santé, dite L&H — prévoyance, mortalité, santé (52,5 %). Ses clients directs sont les compagnies d'assurance. Ses clients indirects, ce sont les assurés.
Sans réassureurs solides, les assureurs primaires ne pourraient maintenir leur capacité à couvrir des risques de plus en plus lourds — notamment en assurance vie et prévoyance ou en assurance professionnelle exposée aux risques climatiques ou cyber. La solidité de SCOR est donc un indicateur indirect de la santé de l'ensemble du système assurantiel français. Pour mieux comprendre les garanties qui s'appliquent à votre situation, vous pouvez comparer les assurances disponibles sur le marché.
Sinistralité climatique : un T1 clément, des risques structurels croissants
La bonne nouvelle pour SCOR au T1 2026 est en partie conjoncturelle : le début d'année a été relativement épargné par les catastrophes naturelles à l'échelle mondiale. Le ratio sinistralité catastrophes naturelles n'atteint que 4,2 % — un niveau très bas par rapport aux moyennes historiques. C'est l'un des principaux facteurs expliquant l'amélioration du ratio combiné.
Mais le groupe ne se laisse pas griser. Les 300 millions d'euros de provisions prudentielles supplémentaires et la provision IBNR Moyen-Orient témoignent d'une posture défensive délibérée. Car la tendance structurelle est là : en France, les tempêtes Nils et Pedro de février 2026 et les inondations associées dans l'Ouest et le Sud-Ouest ont causé des dommages estimés à 1,2 milliard d'euros selon France Assureurs et la CCR (Caisse Centrale de Réassurance) — dont 900 millions d'euros de dommages tempête et 290 millions d'euros d'inondations sous régime Cat Nat.
Sur une tendance plus longue, le coût des événements naturels en France a dépassé 5 milliards d'euros en 2024 selon France Assureurs. Les projections de la CCR prévoient une hausse de 47 à 85 % des coûts Cat Nat d'ici 2050 en euros constants. Ces chiffres expliquent la pression croissante sur les tarifs d'assurance habitation — une hausse de 8 à 11 % était anticipée pour 2026 avant même les inondations de février. C'est dans ce contexte que la discipline de souscription des réassureurs comme SCOR joue un rôle macroprudentiel essentiel.
Sur les marchés financiers de la réassurance, le contexte change également. Après des années 2022-2023 marquées par des hausses tarifaires spectaculaires, les renouvellements d'avril 2026 ont été plus difficiles : baisse tarifaire moyenne de 3,5 %, recul des primes brutes P&C de 8,7 %, réduction des volumes en responsabilité civile aux États-Unis. De nouvelles capacités alternatives (ILS, cat bonds) affluent après les excellents résultats 2023-2024, faisant baisser les prix.
Perspectives : discipline de souscription avant tout
Face à cette pression concurrentielle, Thierry Léger a été explicite sur la stratégie de SCOR lors des renouvellements d'avril : priorité à la protection des marges plutôt qu'à la croissance des volumes. Le groupe a choisi de ne pas renouveler ou de redimensionner certaines activités sous-performantes. Pour les renouvellements de mi-année (juin-juillet 2026), le PDG anticipe un marché "plus ou moins stable" et confirme la même ligne : "Nous continuerons à appliquer une discipline de souscription et à nous concentrer sur nos lignes privilégiées."
Sur les objectifs du plan Forward 2026, SCOR est en avance sur tous les indicateurs : ROE à 21,7 % contre une cible de 12 %, ratio combiné P&C à 80,2 % contre un plafond de 87 %, solvabilité à 220 % dans la fourchette optimale, valeur économique par action en hausse de 7,4 %. Thierry Léger a confirmé sa confiance dans l'atteinte des objectifs annuels. Détail des engagements : plan stratégique Forward 2026 de SCOR.
Les risques résiduels pour la suite de l'année sont réels. La saison des ouragans atlantiques, qui débute en juin, pourrait rapidement changer la donne sur la sinistralité mondiale. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient justifient les provisions IBNR constituées. Et la compétition sur les renouvellements de mi-année pourrait encore peser sur les revenus du second trimestre. Mais la solidité du bilan de SCOR au sortir du T1 2026 offre une marge de manœuvre confortable pour aborder ces incertitudes.
Questions fréquentes
Au T1 2026, SCOR a bénéficié d'un trimestre clément sur les catastrophes naturelles : le ratio sinistralité cat-nat n'atteint que 4,2 %, bien inférieur aux moyennes historiques. Cela a permis d'améliorer le ratio combiné P&C de 4,8 points à 80,2 %. Le groupe a néanmoins constitué 300 millions d'euros de provisions prudentielles supplémentaires pour anticiper une sinistralité potentiellement plus lourde dans les trimestres suivants. Sources : communiqué officiel SCOR, GlobeNewswire, 6 mai 2026.
SCOR est le premier réassureur français : il assure les assureurs en absorbant les sinistres dépassant certains seuils (catastrophes naturelles, pandémies, accidents industriels majeurs). Sans réassureurs solides, les assureurs primaires ne pourraient maintenir leur solvabilité ni couvrir des sinistres exceptionnels. La solidité de SCOR est donc un indicateur indirect de la capacité du système assurantiel français à honorer ses engagements envers les assurés, en habitation, en auto ou en prévoyance.
Le plan stratégique Forward 2026 de SCOR cible un ROE supérieur à 12 % par an, une croissance de la valeur économique de 9 % par an, un ratio de solvabilité dans la fourchette 185-220 %, et un ratio combiné P&C inférieur à 87 %. Au T1 2026, SCOR dépasse tous ces objectifs : ROE à 21,7 %, solvabilité à 220 %, ratio combiné à 80,2 %. Le directeur général Thierry Léger a confirmé la confiance du groupe dans l'atteinte de ses objectifs annuels. Source : plan Forward 2026, SCOR.com.