Face à la multiplication des incendies de forêt qui touche la France cet été, la MAIF a annoncé début juillet étendre son dispositif de soutien à ses salariés sapeurs-pompiers volontaires. Une mesure qui illustre la mobilisation d'un acteur de l'assurance autour du risque incendie — l'occasion de rappeler comment fonctionne concrètement la garantie incendie de votre assurance habitation, et les réflexes à avoir si votre logement était un jour touché.
Ce que la MAIF annonce
Dans un communiqué du 7 juillet, la MAIF annonce accorder à ses salariés sapeurs-pompiers volontaires 10 jours exceptionnels supplémentaires d'absence autorisée, en complément des 20 jours déjà prévus par sa convention, soit 30 jours au total. L'assureur rappelle par ailleurs être labellisé « Employeur partenaire des sapeurs-pompiers volontaires » depuis 2023, un label renouvelé en 2026.
Pascal Demurger, directeur général du groupe MAIF, justifie cette mesure par le contexte climatique : « En tant qu'assureur, MAIF mesure chaque jour les impacts du dérèglement climatique et l'importance de pouvoir compter sur des sapeurs-pompiers volontaires disponibles ». Selon la Tribune de l'Assurance, qui a couvert l'annonce, cette décision s'inscrit dans un contexte où « les conventions de soutien aux sapeurs-pompiers volontaires prennent tout leur sens » face à l'engagement des services de secours mobilisés dans plusieurs territoires. Le média professionnel L'Assurance en Mouvement relaie une lecture similaire : la MAIF présente cette mesure comme relevant de sa responsabilité d'employeur, donnant à « ses salariés engagés les moyens de répondre présents au service de la solidarité nationale ». Le communiqué de la MAIF exprime enfin un soutien général : « cette décision traduit également notre soutien à l'ensemble des personnels de secours mobilisés et aux populations touchées par ces incendies ».
Comment fonctionne la garantie incendie de votre assurance habitation
Au-delà de cette mesure de mécénat de compétences, cette actualité est l'occasion de rappeler le fonctionnement de la garantie incendie, socle de tout contrat d'assurance habitation. Sur le plan légal, l'assureur répond des dommages causés par conflagration, embrasement ou simple combustion, conformément à l'article L122-1 du Code des assurances. Le champ de cette garantie va d'ailleurs souvent au-delà du seul feu : elle peut aussi couvrir les dommages causés par la foudre, la fumée, l'électricité et la chaleur, même s'il n'y a pas eu d'incendie, dès lors que le contrat le prévoit.
Pour un locataire, cette couverture n'est pas optionnelle : la loi impose de souscrire un contrat d'assurance habitation couvrant au minimum les risques locatifs, c'est-à-dire au moins les risques incendie, dégât des eaux et explosion, une obligation fondée sur la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs. En cas de défaut d'assurance, le propriétaire peut résilier le bail ou souscrire une assurance pour le compte du locataire après mise en demeure, ce dernier disposant d'un mois pour régulariser ; s'il souscrit à sa place, la majoration de prime répercutée sur le locataire est plafonnée à 10 %. Pour le propriétaire comme pour le locataire, en cas de sinistre, l'assuré doit déclarer le sinistre à l'assureur dès qu'il en a connaissance, dans un délai qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, et tout retard de l'assureur dans le versement de l'indemnisation ouvre droit à des intérêts au taux légal.
Une saison des incendies sous tension
L'annonce de la MAIF s'inscrit dans un contexte de sinistralité incendie déjà marqué en 2026. Selon le directeur général de la Sécurité civile et de la gestion des crises, cité par la radio publique ICI (Radio France), la France a enregistré un peu plus de 8 000 départs de feu depuis le début de l'année, pour une surface brûlée estimée à plus de 25 000 hectares. Sur le plan économique, Économie Matin rapporte que les feux de forêt ont représenté plus de 450 millions d'euros d'indemnisations d'assurance en 2022, année de référence pour l'ampleur du risque. Une inflation qui touche plus largement les sinistres incendie du secteur : selon des données France Assureurs reprises par la Tribune de l'Assurance, le coût moyen des sinistres incendie a augmenté de 118 % en vingt ans, avec une hausse de 12 % sur la seule année 2025.
Ce que ça change pour vous
Pour un assuré, cette actualité est surtout l'occasion de vérifier sa propre couverture avant que la saison des incendies ne s'intensifie. Premier réflexe : relire son contrat pour connaître précisément l'étendue de la garantie incendie souscrite, au-delà du socle minimal, et vérifier les plafonds d'indemnisation pour le mobilier et les biens de valeur. Deuxième réflexe, en cas de sinistre : conserver toute preuve des dommages (photos, factures) et respecter le délai légal de déclaration, qui court dès la connaissance du sinistre. Enfin, pour les propriétaires en zone à risque, un comparatif des garanties et franchises proposées par les différents assureurs permet de vérifier que le niveau de couverture reste adapté à l'évolution du risque climatique — notre baromètre des prix de l'assurance habitation et notre avis complet sur les garanties MAIF habitation peuvent aider à situer son propre contrat.
⚠️ Attention
La garantie incendie ne couvre pas automatiquement tous les dommages liés au climat : les phénomènes comme la sécheresse ou les mouvements de terrain relèvent d'un régime distinct, la garantie catastrophes naturelles, avec ses propres modalités de déclenchement.
Questions fréquentes
La MAIF accorde à ses salariés sapeurs-pompiers volontaires 10 jours exceptionnels supplémentaires d'absence autorisée, portant le total à 30 jours. Il s'agit d'une mesure de mécénat de compétences envers ses salariés engagés comme pompiers volontaires, et non d'un dispositif d'indemnisation dédié aux sociétaires sinistrés.
L'assureur répond des dommages causés par conflagration, embrasement ou simple combustion. Selon les conditions du contrat, elle peut aussi couvrir les dommages causés par la foudre, la fumée, l'électricité et la chaleur, même en l'absence d'incendie.
Oui. La loi impose au locataire de souscrire une assurance habitation couvrant au minimum les risques locatifs — incendie, dégât des eaux, explosion. Seule cette garantie de base est obligatoire ; les autres garanties, comme le vol, restent optionnelles.
L'assuré doit déclarer le sinistre dès qu'il en a connaissance, dans un délai qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, sauf délai plus favorable prévu par le contrat.
Tout retard de l'assureur dans le versement de l'indemnité fait courir des intérêts au taux légal, en application du Code des assurances.
Début juillet, ICI (Radio France) rapporte que la Sécurité civile recensait plus de 8 000 départs de feu depuis le début de l'année pour une surface brûlée estimée à plus de 25 000 hectares. Un contexte qui s'accompagne d'une hausse durable du coût des sinistres incendie, en augmentation de 118 % en vingt ans selon des données sectorielles.
Si votre logement est endommagé par un incendie, y compris d'origine extérieure comme un feu de forêt qui se propage, la garantie incendie prend en charge les dommages causés par conflagration, embrasement ou simple combustion, dans les conditions prévues par votre contrat.