Illustration : Forfaits médicaux 2026 : 500 millions € transférés vers vos mutuelles
Mutuelle Sante

Forfaits médicaux 2026 : 500 millions € transférés vers vos mutuelles

Depuis le 1er mars 2026, le forfait journalier hospitalier s'établit à 23 € par jour. Depuis le 1er avril, la participation forfaitaire sur les actes lourds monte à 32 €. Comprendre ces changements et leur impact sur vos cotisations.

Depuis le 1er mars 2026, le forfait journalier hospitalier a grimpé à 23 € par jour. Depuis le 1er avril, la participation forfaitaire sur les actes médicaux coûteux atteint 32 €, contre 24 € auparavant. Ces deux textes officiels, publiés au Journal officiel à quelques semaines d'intervalle, organisent un transfert de charges massif de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé. Ce que vous devez savoir pour anticiper l'impact sur votre mutuelle.

Les trois hausses du printemps 2026

Trois mesures sont entrées en vigueur coup sur coup au printemps 2026, toutes prévues par la Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) adoptée fin 2025.

1. Le forfait journalier hospitalier passe à 23 €
Depuis le 1er mars 2026, chaque journée d'hospitalisation en établissement de santé (hôpital ou clinique) donne lieu à une participation de 23 € — contre 20 € auparavant, soit une hausse de 15 %. Dans les services de psychiatrie, le montant est fixé à 17 €. Ce tarif s'applique à toutes les hospitalisations complètes, qu'elles soient médicales, chirurgicales ou obstétricales. L'arrêté du 27 février 2026, publié au Journal officiel, a acté cette revalorisation.

2. Le forfait patient urgences monte également à 23 €
Ce même arrêté relève le forfait patient urgences (FPU) à 23 €, contre 19,61 € précédemment. Un tarif minoré de 9,96 € s'applique dans certains cas particuliers : enfants de moins de 18 ans, bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire, ou personnes directement admises en hospitalisation sans passage aux urgences.

3. La participation forfaitaire sur actes lourds passe à 32 €
C'est la mesure la plus récente : depuis le 1er avril 2026, la participation forfaitaire applicable aux actes médicaux dont le tarif est supérieur ou égal à 120 € (ou dont le coefficient est supérieur ou égal à 60) s'élève désormais à 32 €, soit une hausse d'un tiers par rapport aux 24 € antérieurs. Le décret n° 2026-228 du 30 mars 2026, paru au Journal officiel du 31 mars, fixe ce nouveau montant. Sont concernés : certains actes de chirurgie, d'imagerie médicale (scanner, IRM), d'endoscopie ou de radiothérapie, lorsqu'ils atteignent ce seuil tarifaire. La participation n'est prélevée qu'une seule fois par séance, même si plusieurs actes lourds sont réalisés au cours de la même consultation.

Un transfert assumé, inscrit dans la LFSS 2026

Ces trois revalorisations s'inscrivent dans une logique délibérée de réduction du déficit de l'Assurance maladie, estimé à près de 23 milliards d'euros dans les comptes 2025. La LFSS 2026 a programmé plusieurs leviers pour dégager des économies, dont ce basculement de charges vers les organismes complémentaires d'assurance maladie (OCAM) — mutuelles, assurances et institutions de prévoyance.

L'impact financier est conséquent : les hausses des forfaits hospitaliers et du forfait urgences représentent un surcoût estimé à 450-500 millions d'euros par an pour l'ensemble des complémentaires. À cela s'ajoute une contribution exceptionnelle d'environ 1 milliard d'euros mise à la charge des OCAM pour l'exercice 2026. Au total, c'est près de 1,5 milliard d'euros supplémentaires que les organismes complémentaires devront absorber en 2026.

L'UNOCAM (Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie) a rendu un avis défavorable sur l'ensemble de ces mesures, en soulignant le risque de report sur les cotisations des assurés. La Mutualité Française a de son côté alerté sur le cumul de ces transferts avec la surtaxe sur les mutuelles, déjà intégrée dans les contrats 2026. Ces hausses s'ajoutent à un contexte déjà tendu pour la complémentaire santé, qui absorbe parallèlement la revalorisation des honoraires médicaux décidée dans le cadre des dernières conventions médicales.

Le mécanisme est clair : en relevant le montant des forfaits non remboursés par la Sécurité sociale, l'État réduit ses dépenses directes. Ces dépenses ne disparaissent pas pour autant — elles sont absorbées par les complémentaires, qui devront tôt ou tard les répercuter sur leurs adhérents.

Ce qui change concrètement pour vous

La bonne nouvelle pour la grande majorité des assurés : ces hausses ne se traduisent pas par un reste à charge immédiat en cas d'hospitalisation. Environ 96 % de la population française bénéficie d'une complémentaire santé — qu'il s'agisse d'une mutuelle individuelle, d'un contrat collectif d'entreprise ou de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS).

Dans la quasi-totalité des contrats de niveau intermédiaire ou supérieur, le forfait journalier hospitalier est pris en charge sans limitation de durée. La participation forfaitaire sur actes lourds est également remboursée au titre du ticket modérateur. Concrètement, à l'hôpital, votre reste à charge direct reste nul pour ces postes — à condition que votre contrat prévoie bien ces garanties.

Cependant, quelques situations méritent une attention particulière :

  • Contrats d'entrée de gamme : certains contrats bon marché plafonnent la prise en charge du forfait journalier à 20 € par jour. Depuis le 1er mars, ce forfait est à 23 €, soit 3 € potentiellement à votre charge quotidienne en cas d'hospitalisation prolongée. Vérifiez vos garanties actuelles dans votre tableau de remboursement.
  • Bénéficiaires de la CSS : la Complémentaire Santé Solidaire est exonérée du forfait journalier pour les hospitalisations inférieures à 31 jours. Au-delà, le forfait s'applique normalement.
  • Actes lourds en ambulatoire : la participation forfaitaire de 32 € s'applique une seule fois par consultation, même si plusieurs actes coûteux sont réalisés au cours de la même séance par le même praticien.
  • Assurés sans complémentaire : pour les 4 % environ de la population sans couverture complémentaire, le coût d'une hospitalisation ou d'un acte lourd augmente directement. La CSS est accessible sous conditions de ressources pour couvrir ces situations.

Point positif : la réforme 100 % Santé reste intacte. Les paniers sans dépassement en optique, dentaire et audioprothèse continuent d'être intégralement remboursés sans reste à charge pour les assurés qui en bénéficient.

Quelles perspectives pour vos cotisations ?

L'enjeu principal de ces mesures n'est pas l'impact immédiat en cas de soin, mais la trajectoire des cotisations complémentaires à moyen terme. Si les OCAM absorbent 1,4 à 1,5 milliard d'euros de charges supplémentaires en 2026, cette somme devra être financée. Elle le sera, en tout ou partie, par des hausses de cotisations futures.

La plupart des grandes mutuelles et groupes de prévoyance ont négocié ou reconduit leurs contrats collectifs pour 2026 avant la publication définitive de ces décrets. Certains avaient intégré une marge d'incertitude dans leurs tarifs. Pour les contrats individuels à renouvellement annuel, les effets devraient se faire sentir lors des appels de cotisations 2027.

Voici quelques réflexes utiles dans ce contexte :

  • Comparer les offres : le marché de la complémentaire santé reste concurrentiel. Utiliser un comparatif mutuelle santé permet d'identifier des contrats offrant des garanties hospitalisation solides sans surpayer.
  • Vérifier vos plafonds de remboursement : le forfait journalier est désormais à 23 €. Si votre contrat est plafonné à 20 €, envisagez une mise à niveau lors du prochain renouvellement.
  • Anticiper les appels de cotisations 2027 : les mutuelles communiqueront sur leurs hausses tarifaires à l'automne 2026. Restez informé pour pouvoir résilier ou renégocier dans les délais légaux.
  • Utiliser votre droit de résiliation : les droits à la résiliation des contrats santé individuels de plus d'un an permettent de changer d'assureur à tout moment sans attendre la date anniversaire.

Questions fréquentes

Non, dans la quasi-totalité des cas. Le forfait journalier hospitalier est fixé à 23 € depuis le 1er mars 2026 (arrêté du 27 février 2026). Si votre mutuelle prend en charge le forfait journalier sans plafond, vous ne payez rien de plus. Vérifiez cependant que votre contrat ne plafonne pas ce remboursement à 20 €, auquel cas 3 € par jour d'hospitalisation resteraient à votre charge.

Oui, pour la grande majorité des contrats complémentaires. La participation forfaitaire applicable aux actes dont le tarif est supérieur ou égal à 120 € fait partie du ticket modérateur pris en charge par les organismes complémentaires. Elle ne s'applique qu'une seule fois par séance. Le décret n° 2026-228 du 30 mars 2026, publié au Journal officiel du 31 mars 2026, a fixé ce montant à 32 € à compter du 1er avril 2026.

Pas nécessairement en cours d'année 2026, car la plupart des contrats ont été fixés avant la publication de ces décrets. En revanche, les appels de cotisations pour 2027 pourraient refléter ces surcoûts. Les forfaits hospitaliers représentent 450-500 millions d'euros de charges annuelles supplémentaires pour les complémentaires, auxquels s'ajoute une contribution exceptionnelle d'environ 1 milliard d'euros pour 2026. L'UNOCAM a officiellement alerté sur ce risque de report vers les cotisations des assurés.