Mis à jour mars 2026

Dégât des eaux : constat, convention IRSI et comment être indemnisé

Le dégât des eaux est le sinistre le plus fréquent en assurance habitation, représentant plus de 40 % des déclarations. Découvrez les bons réflexes en cas d'urgence, comment remplir le constat amiable, ce que prévoit la convention IRSI et comment se déroule l'indemnisation.

← Retour à Sinistres & Garanties

Le dégât des eaux : premier sinistre habitation en France

En France, le dégât des eaux représente environ 40 % de l'ensemble des déclarations de sinistres habitation. Chaque année, plus de 3,5 millions de sinistres liés à l'eau sont déclarés par les assurés. Les causes les plus fréquentes sont :

Causes les plus fréquentes
  • Fuite sur canalisation ou robinet (28 %)
  • Débordement de baignoire ou d'évier (22 %)
  • Rupture ou fissure de canalisation (18 %)
  • Infiltration par toiture ou terrasse (15 %)
  • Défaillance d'un appareil électroménager (12 %)
  • Gel des canalisations en hiver (5 %)
Coût moyen d'un sinistre
  • Sinistre simple (1 pièce) : 500–2 000 €
  • Sinistre avec voisins (implication IRSI) : 2 000–8 000 €
  • Dégât grave (rupture de canalisation) : 10 000–50 000 €
  • Délai moyen d'indemnisation : 30 à 90 jours

Que faire immédiatement en cas de dégât des eaux ?

Les premières heures sont décisives. Plus vous agissez vite, moins les dommages s'étendent et plus l'indemnisation sera simple.

1

Couper l'alimentation en eau

Fermez le robinet d'arrêt le plus proche. Si vous ne le trouvez pas, coupez l'arrivée d'eau générale de l'appartement (souvent sous l'évier ou dans la cuisine). En cas de risque électrique (eau à proximité du tableau), coupez également le disjoncteur principal.

2

Prévenir les voisins et la copropriété

Si l'eau vient de chez un voisin ou risque d'affecter un logement en dessous, prévenez-les immédiatement. Contactez également le gardien ou le syndic de copropriété si le sinistre touche les parties communes.

3

Photographier et documenter les dégâts

Prenez des photos et vidéos de tous les dommages visibles (murs humides, plafond effondré, biens endommagés) avant toute intervention. Ces preuves sont essentielles pour votre dossier d'indemnisation.

4

Remplir le constat amiable

Si d'autres parties sont impliquées (voisin du dessus, propriétaire de la canalisation), remplissez un constat amiable dégâts des eaux conjointement. Ce document identifie l'origine, les responsabilités et les dommages.

5

Déclarer à votre assureur dans les 5 jours ouvrés

Contactez votre assureur dans les 5 jours ouvrés suivant la découverte du sinistre. Joignez le constat amiable, les photos, et tout justificatif disponible. Votre assureur vous indiquera si un expert sera mandaté.

La convention IRSI expliquée en détail

La convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble) est un accord entre assureurs qui simplifie et accélère le traitement des sinistres impliquant plusieurs parties dans un immeuble — notamment les dégâts des eaux entre voisins ou avec la copropriété. Elle s'applique depuis le 1er juin 2018 et remplace l'ancienne convention CID-COP.

Les 3 niveaux de la convention IRSI

Niveau 1 — Sinistres < 5 000 € HT

Le plus fréquent

L'assureur de la victime prend en charge directement les dommages aux biens mobiliers (meubles, objets), sans recherche de responsabilité. Pas besoin de prouver qui est fautif. Simplifie et accélère considérablement l'indemnisation.

Niveau 2 — Sinistres entre 5 000 € et 50 000 € HT

L'assureur du responsable (identifié après recherche de responsabilité) prend en charge l'indemnisation. Une expertise est généralement mandatée pour établir les responsabilités et chiffrer les dommages.

Niveau 3 — Sinistres au-delà de 50 000 € HT

Les règles de droit commun s'appliquent. L'IRSI ne régit plus le sinistre. Des expertises contradictoires, voire des procédures judiciaires, peuvent intervenir. L'assureur mandate son expert et des négociations inter-assureurs ont lieu.

Important : La convention IRSI ne porte que sur les dommages aux biens mobiliers (meubles, affaires personnelles, équipements). Les dommages aux biens immobiliers (murs, plafonds, sols, structure) font l'objet d'une prise en charge séparée, souvent par l'assureur de l'immeuble ou le propriétaire selon les cas.

Le constat amiable dégât des eaux

Le constat amiable dégâts des eaux est un formulaire standardisé à remplir conjointement entre les parties impliquées (victime, responsable présumé, syndic). Il comporte 12 rubriques distinctes.

# Rubrique du constat Ce qu'elle contient
1 Identification de l'immeuble Adresse, étage, type d'immeuble
2 Victime (lésée) Nom, adresse, n° appartement, assureur, n° de contrat
3 Partie lésée — Propriétaire/Locataire Statut et coordonnées du propriétaire si différent
4 Responsable présumé Nom, adresse, assureur, n° de contrat
5 Copropriété / immeuble Nom du syndic, assureur de l'immeuble
6 Nature et origine du dégât Fuite, débordement, infiltration — cause et localisation
7 Locaux sinistrés Pièces touchées, étages concernés
8 Nature des dommages Dommages immobiliers et mobiliers décrits
9 Mesures prises pour arrêter le dégât Coupure d'eau, plombier mandaté, réparations d'urgence
10 Circonstances Description libre de l'événement
11 Réserves éventuelles Contestations ou remarques d'une des parties
12 Signatures Validation par toutes les parties impliquées

La recherche de fuite : qui la prend en charge ?

La recherche de fuite est la démarche visant à localiser précisément l'origine d'une fuite non visible (canalisation encastrée, tuyauterie derrière un mur, fuite sous carrelage). Son coût peut être significatif.

Bonne nouvelle : dans le cadre de la convention IRSI, la prise en charge des frais de recherche de fuite est prévue par la garantie dégâts des eaux de votre contrat MRH. L'assureur mandatera ou remboursera l'intervention d'un plombier ou d'un technicien spécialisé pour localiser la fuite. La remise en état après ouverture (carrelage recassé, mur rebouché) est également couverte dans la plupart des contrats.

Ne faites pas de travaux avant l'expertise ! Avant que l'expert de votre assureur soit passé, n'effectuez que les réparations d'urgence strictement nécessaires (colmater une fuite, assécher au maximum). Prévenir de nouveaux dégâts est légitime, mais des travaux définitifs réalisés avant expertise peuvent compliquer l'évaluation des dommages et réduire votre indemnisation.

Ce qui n'est généralement pas couvert

La garantie dégâts des eaux couvre les sinistres accidentels soudains. Certaines situations sont couramment exclues :

  • L'humidité chronique et la condensation : considérées comme un défaut de construction ou de ventilation, généralement exclues
  • Les remontées capillaires : phénomène de structure, non couvert par la garantie dégâts des eaux
  • Les dommages liés à l'inondation (débordement de cours d'eau) : relèvent de la garantie catastrophe naturelle (Cat Nat)
  • Les sinistres à répétition sans réparation : si vous êtes victime de dégâts récurrents sur la même cause sans y remédier, l'assureur peut invoquer un défaut d'entretien
  • Les fuites sur piscine extérieure : souvent exclues ou soumises à une garantie spécifique

Processus d'indemnisation en 5 étapes

Voici le déroulement classique d'un dossier dégâts des eaux jusqu'au règlement :

Étape Action Délai indicatif
1 Déclaration du sinistre Dans les 5 jours ouvrés
2 Ouverture du dossier et expertise 5 à 15 jours après déclaration
3 Chiffrage des dommages Devis + rapport d'expertise : 1 à 3 semaines
4 Offre d'indemnisation Quelques jours à 2 semaines après expertise
5 Règlement et réparations 30 à 90 jours au total selon complexité

Questions fréquentes sur les dégâts des eaux

Le délai légal est de 5 jours ouvrés à compter de la découverte du sinistre (article L113-2 du Code des assurances). Ne confondez pas jours ouvrés (lundi au vendredi hors jours fériés) et jours calendaires. En pratique, déclarez dès que possible : plus votre déclaration est rapide, plus l'instruction est rapide et l'indemnisation accélérée.

L'IRSI est l'accord inter-assureurs pour les sinistres dans les immeubles. Pour les dommages mobiliers inférieurs à 5 000 € HT, l'assureur de la victime indemnise sans recherche de responsabilité. Entre 5 000 € et 50 000 € HT, c'est l'assureur du responsable qui prend en charge. Au-delà, les règles de droit commun s'appliquent. L'IRSI simplifie et accélère considérablement le traitement des sinistres impliquant plusieurs voisins ou la copropriété.

Non, il n'est pas légalement obligatoire, mais il est vivement recommandé et souvent exigé par les assureurs lorsque plusieurs parties sont impliquées. Il facilite l'identification de l'origine de la fuite et permet une instruction plus rapide du dossier. En l'absence de constat signé, l'instruction peut se compliquer et rallonger les délais d'indemnisation.

En règle générale, non. L'humidité chronique, la condensation liée à une mauvaise ventilation et les remontées capillaires sont considérées comme des problèmes de construction ou d'entretien, et sont exclues de la garantie dégâts des eaux. En revanche, une infiltration d'eau par la toiture à la suite d'une tempête ou d'un événement accidentel est généralement couverte. En cas de doute, signalez le sinistre à votre assureur et laissez l'expertise trancher.

La franchise dégâts des eaux est définie contractuellement, pas par la loi (à la différence des catastrophes naturelles). Elle se situe généralement entre 150 € et 500 € selon les contrats et les formules. Certains assureurs proposent une option "franchise zéro" pour les dégâts des eaux moyennant une prime légèrement supérieure — option intéressante si votre logement est en immeuble ancien avec des canalisations vieillissantes.

Tous nos guides assurance habitation — information indépendante et gratuite.

Explorer les guides